jeudi 23 mai 2019
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Les coureurs et la famille du major Moulié devant la stèle en sa mémoire (Photo DR)

30 ans après le drame, l’escadron d’Antibes a couru avec la famille du major Moulié, mort à Ouvéa

De nombreux personnels de l’escadron ont tenu à honorer la mémoire du major Moulié (Photo DR)

À l’occasion de l’anniversaire des 30 ans des événements tragiques de Nouvelle-Calédonie durant lesquels l’escadron 24/6 d’Antibes a payé un lourd tribu avec la mort de l’un des siens en service commandé à Ouvéa, le Major Georges Moulié, la famille du major Moulié a souhaité participer à la 39eme édition de la course à pied “Courir pour une Fleur” à Antibes.

L’escadron 24/6 de Gendarmerie Mobile s’est donc naturellement associée à cette démarche afin de perpétuer le souvenir de notre ancien tombé au service de son pays” (Photo DR)

“L’escadron 24/6 de Gendarmerie Mobile s’est donc naturellement associée à cette démarche afin de perpétuer le souvenir de notre ancien tombé au service de son pays” commente le capitaine Paul Sandevoir, commandant de l’escadron qui estime que  “par delà le soutien inconditionnel assuré à sa famille, il s’agit de saluer cette “fraternité d’arme” qui unit les militaires dans les situations difficiles, et de rappeler aux plus jeunes gendarmes le sens de leur engagement.”

Tous les personnels de l’escadron d’Antibes ont donc été conviés à cette course, seuls ou en famille, que ce soit pour courir ou pour encourager sur le parcours. En tout, plus d’une soixantaine de personnes a répondu présent.
À l’issue de la course, tous les militaires et leurs familles, qu’ils soient d’active ou anciens, ont été invitées à déjeuner ensemble dans la caserne, pour passer un moment de cohésion et de partage en toute simplicité autour de la famille Moulié, conformément à leur souhait.

Lire aussi sur L’Essor30 ème anniversaire des tragédies de Fayaoué et Ouvéa : émouvant hommage des anciens de l’escadron d’Antibes au major Georges Moulié

Portrait du major Georges Moulié (promu capitaine à titre posthume)

Georges Moulié est né à Indre (Loire-Atlantique) le 17 juillet 1934. À 18 ans il s’engage pour trois ans au 11ème groupe d’escadrons de chars moyens, au titre du service national. Libéré de ses obligations, il se tourne vers la Gendarmerie et rejoint l’École Préparatoire de Chaumont comme élève-gendarme en mai 1956. Il est, en novembre de la même année, affecté à l’escadron 4/9 d’Orange, avec lequel il participe, en 1958, aux opérations de rétablissement de l’ordre en Afrique du Nord. Désireux de servir en Outre-mer il est affecté de 1961 à 1968 à la Légion de Gendarmerie de Madagascar, où il occupe divers postes, puis rejoint la Légion de Gendarmerie de Martinique pour un séjour de trois ans. Promu au grade de maréchal-des-logis-chef le 1er février 1970, il est affecté l’année suivante à l’escadron 6/11 de La Réole. Ses brillants états de service lui permettent d’être promu le 1er janvier 1974 au grade d’adjudant. C’est le 1er août 1978 qu’il rejoint l’escadron 7/22 (actuel 24/6) d’Antibes. Promu au grade d’adjudant-chef, il se voit confier le commandement du 2ème peloton. Ayant réussi avec brio les épreuves du concours d’admission dans le corps des majors, il est inscrit au tableau d’avancement de 1988. Constamment cité en exemple, gradé d’une valeur exceptionnelle, montrant sans cesse un enthousiasme et une foi de servir indéfectibles, il fait tout naturellement l’admiration de ses personnels. Le 23 janvier 1988, l’escadron d’Antibes s’envole pour la Nouvelle-Calédonie. Georges Moulié, dont l’heure d’une retraite amplement méritée approche à grands pas, tient à faire partie du déplacement. Arrivée sur le “cailloux”, l’unité est répartie sur les îles Loyautés, en renfort des gendarmes territoriaux. Le détachement commandé par le major Moulié, renforcé par des éléments de l’escadron de Villeneuve-d’Ascq, est chargé de la sécurité de la brigade de Fayaoué, chef-lieu de l’île d’Ouvéa. Le 22 avril vers 07 heures 30, la brigade est attaquée par des indépendantistes. Le major Moulié et 3 autres camarades sont tués, et le reste des gendarmes sont emprisonnés pour servir d’otages. Les derniers d’entre eux seront libérés le 5 mai 1988. Déjà titulaire de la médaille Militaire, chevalier de l’ordre national du Mérite, le major Moulié se verra remettre à titre posthume la médaille de la Gendarmerie et la Légion d’honneur.

 

 

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