vendredi 6 décembre 2019
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Illustration (MG/L'Essor).

2018, l’année chargée de la Gendarmerie mobile

Gendarmes mobiles en 2015 dans l’Isère à Moirans ( Photo d’illustration D.C L’Essor)

On le savait déjà : l’année 2018 s’annonce chargée pour la Gendarmerie mobile. Une tendance inquiétante qui se confirme en ce printemps. Opération à Bure, fin de la trêve hivernale à Notre-Dame-des-Landes, crise à Mayotte… Les dossiers chauds s’accumulent alors que d’autres échéances gourmandes en effectifs, comme le référendum en Nouvelle-Calédonie, se profilent.

La situation inquiète dans les rangs. Car les escadrons de Gendarmerie mobile sont déjà bien sollicités. Soixante-sept d’entre eux sont mobilisés chaque jour, selon l’association professionnelle nationale de militaires Gendarmes et citoyens. Soit deux de plus que le plafond d’emploi préconisé – 65 escadrons sur les 109 que compte la Gendarmerie.

“Pour le moment, nous ne tirons pas la sonnette d’alarme, car la hiérarchie arrive à gérer cette situation, souligne Ludovic Lacipière, membre du conseil d’administration de Gendarmes et citoyens et gendarme mobile.  Mais il y aurait un problème si plusieurs grands événements intervenaient de manière simultanée. Et en ce moment, il n’y a pas vraiment de marge : la Gendarmerie mobile sera sous tension cette année vu les événements qui s’annoncent.”

La Gendarmerie mobile est “suremployée”

Devant les sénateurs de la commission d’enquête sur l’état des forces de sécurité intérieure, mercredi 14 mars, Richard Lizurey n’a pas nié le problème. “Aujourd’hui, la Gendarmerie mobile est suremployée, admet le patron de l’institution. Sur 109 escadrons, j’ai 21 escadrons en permanence en outre-mer, bientôt 23 dans quelques jours. C’est bien simple, depuis deux ans, je n’ai plus aucun escadron en renfort de sécurité publique générale.”

Plus que la prévention du terrorisme, c’est la lutte contre l’immigration clandestine qui “mange” des gendarmes mobiles. Et même si les effectifs sont en hausse, avec la création de l’escadron de gendarmerie mobile de Rosny-sous-Bois et la création d’un cinquième peloton dans 22 escadrons, le compte n’y est pas.

“Le sur-emploi conduit à annuler des stages de formation à Saint-Astier, observe Richard Lizurey. L’an dernier, à peine 84% des escadrons ont eu une semaine de formation. Nous voyons qu’il y a une tension opérationnelle très forte.”

Au salon Milipol (Photo/JCV/L’Essor).

Et il ne faudra pas compter sur les 60 compagnies républicaines de sécurité (CRS) de la Police nationale pour décharger les gendarmes. Depuis le mois d’octobre 2017, le taux d’emploi des CRS, selon le syndicat Unité SGP Police-FO, se situerait en moyenne à 40,5 unités. Un sur-emploi dénoncé par l’organisation syndicale, qui déplore d’ailleurs une répartition des tâches jugée inéquitable avec les gendarmes mobiles – c’est l’unité de coordination des forces mobiles qui est chargée de synchroniser les deux troupes.

Mais sur le papier, les marges des décideurs semblent bien maigres. Dans son rapport annuel 2017, la Cour des comptes s’était penchée sur l’état des forces mobiles. Alors que la baisse des effectifs, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques entre 2010 et 2015, devait se traduire par un recentrage des missions, c’est l’inverse qui s’est produit. Une pilule amère pour les gendarmes mobiles, qui ont perdu à l’occasion pas moins de quinze escadrons. Et les magistrats de la rue Cambon de déplorer – déjà – une saturation des capacités opérationnelles des forces mobiles.

Gabriel Thierry

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