mercredi 13 décembre 2017
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Tribunal de grande instance de Paris. (Photo d'illustration MG/L'Essor).

Tentative d’évasion : l’un des auteurs des attentats de 1995 à Paris condamné à 12 ans de prison

Ils avaient tenté de s’échapper de prison en 2013 à coup d’explosifs: deux hommes, dont Smaïn Aït Ali Belkacem, l’un des auteurs des attentats islamistes de 1995 à Paris, ont été condamnés jeudi à douze ans de prison pour tentative d’évasion en bande organisée.

Le tribunal a assorti les deux condamnations d’une peine de sûreté des deux tiers. Des peines de quinze ans d’emprisonnement avaient été requises à leur encontre.

Figure du terrorisme islamiste, Smaïn Aït Ali Belkacem, Algérien de 48 ans, était poursuivi avec un codétenu, Abdelaziz Fahd, 31 ans, mais il ne s’est pas présenté à l’audience, fournissant un certificat attestant d’un état de santé préoccupant lié à une grève de la faim.

Jeudi, il était en revanche bien présent dans le box, solidement encadré par des gendarmes cagoulés, pour entendre l’arrêt de la cour.

Incarcérés au centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), les deux hommes avaient été interpellés le 10 mars 2013 alors qu’ils venaient de déclencher des explosifs pour ouvrir la porte du terrain de sport donnant accès à une zone neutre, dans l’espoir de franchir ensuite l’enceinte de l’établissement. L’opération avait avorté en raison de la résistance d’une serrure et de l’intervention rapide des forces de l’ordre.

En 2002, Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé algérien (GIA), a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’attentat à la bombe qui avait fait 30 blessés le 17 octobre 1995 à la station RER du musée d’Orsay. Il a également été condamné en 2013 à 12 ans de réclusion pour un autre projet d’évasion avorté en 2010 à la centrale de Clairvaux (Aube).

Le second prévenu, Abdelaziz Fahd, 31 ans, connu pour un vol à main armée avec prise d’otages et qui se serait radicalisé en prison, a été présenté par l’accusation comme ayant joué “le rôle le plus actif” dans le projet d’évasion. Il aurait notamment récupéré l’explosif à base de penthrite, en principe réservé à un usage militaire.

L’affaire avait débuté en décembre 2012 par un renseignement parvenu au directeur de Réau faisant état d’un projet d’évasion de trois hommes, dont les deux prévenus, en vue de commettre une attaque terroriste contre un marché de Noël à Lille ou Strasbourg.

Les fouilles entreprises dans les cellules n’avaient rien donné, si ce n’est la découverte d’un couteau en céramique qui vaudra au troisième homme d’être changé d’établissement.

A l’audience, Abdelaziz Fahd a assumé la tentative d’évasion et assuré avoir proposé à Belkacem de l’accompagner, car c’était quelqu’un de “discret et déterminé“. Il a dit être de confession musulmane mais a contesté toute radicalité et tout projet terroriste. Il a été plus loin en affirmant que le détenu qui lui a proposé le projet d’évasion et lui a fourni les explosifs était le même que celui qui l’a dénoncé au directeur de l’établissement.

Dans la cellule de Belkacem, les enquêteurs ont trouvé en 2015 des images relatives à l’islam radical, aux combats dans la zone irako-syrienne, des vidéos de prêches ou des documents antisémites sur son ordinateur, et d’autres images, dont celles de l’immolation du pilote jordanien dans une cage du groupe État islamique (EI) et de décapitations, sur une clef USB.

L’enquête n’a pas cependant permis de confirmer le projet d’attentat. La qualification terroriste des faits n’a en conséquence pas été retenue par le juge d’instruction.

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