dimanche 19 novembre 2017
Accueil / A la une / Temps de travail: la mise au point du directeur général (Version actualisée à 17h15)
Le général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale (Photo d'illustration S.D/L'Essor).
Le général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale (Photo d'illustration S.D/L'Essor).

Temps de travail: la mise au point du directeur général (Version actualisée à 17h15)

« Nous ne reviendrons pas en arrière », a assuré, jeudi soir à L’Essor, le directeur général de la Gendarmerie (DGGN), le général d’armée Richard Lizurey, au sujet de la directive sur le temps de travail.

« Il y a un dispositif qui fonctionne depuis un an et il n’y a pas de raison de le remettre en cause », a ajouté le patron des gendarmes.

L’annonce mercredi par le président de la République que la France n’appliquerait pas la directive européenne de 2003 sur le temps de travail avait en effet suscité de nombreuses réactions parmi les militaires de la Gendarmerie.

Le CFMG associé à la réflexion

Le directeur général a ajouté que la direction générale était en train de réaliser « une évaluation »  du dispositif pour l’évoquer devant le Conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie (CFMG).

« Pour le reste des dispositions de la directive, le travail se poursuit sous la houlette du ministère des Armées », a précisé le DGGN à l’AFP. La Gendarmerie estime avoir perdu 6% de sa capacité opérationnelle du fait de ces mesures, soit 6.000 emplois (en équivalents temps plein).

Visioconférence pour préciser la manoeuvre

Cet après-midi, le général Lizurey a tenu une visioconférence sur ce sujet avec les “grands commandeurs” de l’arme, les commandants de région,  de formations administratives et des gendarmeries spécialisées, ainsi que leurs conseillers concertation et tous les membres du CFMG.

« Le directeur général a été très clair: on ne remettra pas en cause l’instruction provisoire  36132 », s’est félicité l’un d’entre eux. La remise en cause des 11 heures de repos journaliers que ce texte octroyait aux gendarmes était le principal motif de leur colère.

En revanche, le général Lizurey a expliqué qu’il y aurait un examen de ce texte pour évaluer s’il y avait lieu de simplifier certaines règles de récupération.  Il a pour cela donné rendez-vous en novembre aux membres du  CFMG pour évoquer à nouveau ce thème, qui était d’ailleurs déjà à l’agenda.

Evaluer annuellement le temps de travail hebdomadaire

Pourtant, certains doutent encore de la réalité de ces promesses en citant les déclarations du directeur général lors de son audition devant la Commission de La Défense de l’Assemblée. Le général Lizurey expliquait en effet aux députés qu’il lui semblait  « essentiel que nous puissions obtenir, soit une dérogation générale, ou du moins une dérogation telle que notre capacité opérationnelle sur le terrain ne soit pas remise en cause ». 

Le directeur général, qui a appris la décision du Président comme tous les gendarmes durant le discours, aurait-il changé de discours? Pas du tout, si l’on en croit le colonel Bruno Arviset, secrétaire général du CFMG. « La directive européenne comprenait des plafonds de temps de travail  journalier, hebdomadaire et annuel  », explique-t-il.

« L’instruction provisoire ne prenait en compte que le temps de travail journalier. Nous devions ensuite apprécier le temps de travail hebdomadaire et c’est cette deuxième partie de la manoeuvre qu’évoquait le directeur général », ajoute-t-il.  Selon lui, le plafond de 48 heures de travail hebdomadaire devrait ainsi être apprécié sur une période de référence de six mois ou un an pour être adapté aux spécificités de la Gendarmerie.

C’est cette deuxième partie de la discussion qui est donc devenue sans objet suite à l’annonce d’Emmanuel Macron.

Pierre-Marie GIRAUD et Matthieu GUYOT

 

 

Dans l’armée de Terre et la Police

Le chef de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, s’est réjoui de la non-mise en oeuvre d’une directive qui aurait mis « sous forte contrainte les armées au plan des effectifs ».

« Cette directive européenne a été imaginée en 2003 alors qu’on ne connaissait pas les menaces que l’on connaît aujourd’hui sur le territoire national », a-t-il déclaré lors d’une présentation de moyens de l’armée de Terre à Versailles-Satory.

Côté Police, le ministère de l’Intérieur a précisé jeudi soir à l’AFP que la transposition de la directive sur le temps de repos journalier de 11 heures au sein de la Police nationale, mise en oeuvre en septembre 2017, « ne sera pas remise en cause ».

 

 

A voir également

Une étoile de plus pour cinq généraux de division

Cinq généraux de division auront bientôt une étoile de plus. En effet, le Conseil des …

9 Commentaires

  1. Goldenboy

    Sauf les militaires corvéable a merci. Payé au 35h a ou et 19euros par jour de Vigipirate.
    Après ont a choisi.

  2. Scsi

    Les réactions de Monsieur Martinez Président de l’UNPRG ne nous surprennent plus. Il veut faire croire à l’opinion que la police est favorisée mais alors pourquoi refuse-t-il ´alignement des statuts car je vous l’assure les policiers auraient beaucoup à gagner :
    – 85 % des officiers sont issus du rang dans la GN
    – 66 % des officiers sont certains d’obtenir l’onm Ou la légion d’honneur
    – les gendarmes peuvent prendre leur retraite au bout de 17 ans
    – les gendarmes peuvent cumuler leur retraite et un salaire sans plafond dans le civil
    – les gendarmes doublent leurs annuités pour les séjours en corse ou en outre-mer
    – les gendarmes ne payent que 25 % du prix des billets sncf sur l’ensemble du territoire
    – les gendarmes peuvent être loger gratuitement. Sur ce point Monsieur Martinez nous avait déjà répondu que contraire aux policiers, les gendarmes ne payaient pas de loyer car plus disponibles que les policiers.
    Bref’car J’aurai pu ajouter plusieurs autres différences Monsieur Martinez , soyez objectif. Concernant le temps jde travail, notre Syndicat etant à l´initiative du recours, nous sommes à ôter disposition pour en parler…

    • Camia

      bonsoir, je tiens à préciser que les gendarmes sont des militaires, donc disponible 24h/24h, sont rappelables en repos et même lors des permissions. Les policiers ont aussi des avantages que n’ont pas leurs collègues gendarmes. Donc ce n’est pas la peine de faire l’inventaire des avantages de notre institution.
      Cordialement

    • Franck Martigny

      Encore une réaction de syndicaliste de la police nationale qui vit du syndicalisme. J’invite ce monsieur à vivre huit jours avec des gendarmes de l oise par exemple. L’heure n’est pas à la discorde. Serrons nous les coudes . Gendarmes et policiers du terrain savent combien le métier est exigeant.

    • PLACEAU

      A Scsi, de tous temps, la Police, pardon, les policiers ont jalousé les Gendarmes. Pourquoi n’envoit-on pas les CRS en Afghanistan, comme l’ont été les Gendarmes Mobiles de l’escadron de Rennes, qui ont à leur retour, félicités pour leur tenue au combat. Un mois après, ils apprenaient que leur escadron était dissout. On dissout les escadrons de G.M. et pas les CRS : pourquoi ?

  3. 13SEP1949

    “SCI “donne les avantages mais oubli me semble t il que la police comme d’autres profession bénéficie également des aides à la construction au titre de résidence principale alors que les gendarmes n’y ont pas droit.
    Si M MACRON veut s’affranchir du droit Européen cela signifie-t-il qu’il aurait l’intention d’organiser un “frenchit””pour quitter l’Europe? Quelle serait la décision de la Cours Européenne si elle était saisie dans ce cadre là?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *