mercredi 28 juin 2017
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Bulletin de vote dans une urne
Photo d'illustration (M.GUYOT/ESSOR).

SONDAGE EXCLUSIF IFOP / L’ESSOR : les gendarmes préfèrent Marine Le Pen

Le garagiste va bénéficier de la légitime défense
Les gendarmes préfèrent Marine Le Pen selon le résultat de notre enquête avec l’IFOP( Photo d’illustration D.C L’Essor)

Les gendarmes éliraient dès le premier tour Marine Le Pen à 51 %. En 2012 lors du premier tour, ils avaient été 42  % a accorder leurs suffrages à la présidente du Front National. Tels sont les principaux enseignements du sondage exclusif de l’Ifop pour « L’Essor de la Gendarmerie ».

Ce sondage, réalisé entre le 31 mars et le 18 avril 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 588 gendarmes et réservistes âgés de 18 ans et plus par questionnaire autoadministré en ligne, révèle par ailleurs que la sécurité et le terrorisme sont pour eux les enjeux les plus importants.

Voici l’analyse faite par l’Ifop de ce sondage dont vous retrouverez l’intégralité après le commentaire de l’Ifop.

Du fait de leur activité professionnelle, les gendarmes placent, et de loin, la question de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme en tête des enjeux les plus importants avec 74  % de citations. On observe sur cet item un écart de 31 points avec l’ensemble de la population qui situe cet enjeu au même niveau que l’amélioration du pouvoir d’achat. Parmi les gendarmes, ce sujet est également présent et obtient le même score que dans l’ensemble de la population (40 % chez les gendarmes contre 41  % en moyenne) mais les gendarmes, tout en étant sensibles à la question du pouvoir d’achat, accordent une très nette priorité à la thématique sécuritaire (1).

En lien avec ce tropisme sécuritaire très marqué, les gendarmes se focalisent nettement moins sur la lutte contre le chômage (38  % de citations contre 55  % en moyenne) et la préservation du modèle de protection sociale français (16  % contre 38  %). Ils affichent en revanche une plus grande attention à l’amélioration de la situation à l’école (23  % contre 13  %).

Si les gendarmes se distinguent donc par une sensibilité nettement plus aigüe à la question de la sécurité, leur métier leur confère également un regard assez différent du reste de la population sur les causes perçues des problèmes d’insécurité. Ils sont ainsi beaucoup plus nombreux à considérer que le développement des zones de non-droit dans certains quartiers constitue une cause très importante des problèmes d’insécurité (82  % contre 50  % en moyenne), de même que le communautarisme et le fondamentalisme religieux (66  % contre 41  %), la transmission insuffisante du principe de respect des règles et de l’autorité aux jeunes (69  % contre 52  %) et la poursuite des flux migratoires et l’arrivée permanente de nouveaux étrangers en France (56% contre 40%) (2).

La “Mobile” plus frontiste que la départementale

A l’inverse, les causes sociales de l’insécurité sont moins citées par les gendarmes que dans l’ensemble de la population. Les pandores ne sont que 41  % (9 points de moins que la moyenne) à évoquer le chômage de masse des jeunes et 29  % (9 points de moins également) la dégradation de l’urbanisme et du cadre de vie de certains quartiers comme causes très importantes des problèmes d’insécurité.

Quant à la responsabilité des hommes politiques, qui est fortement pointée du doigt dans l’opinion, elle l’est encore bien davantage dans les rangs de la maréchaussée. 77  % (17 points de plus que la moyenne des Français) des gendarmes considèrent ainsi le refus de la classe politique de regarder la réalité en face comme facteur très important des problèmes d’insécurité et 72  % (+ 18 points) pour ce qui est du manque de volonté politique pour régler le problème.

Dans ce contexte, le tropisme droitier des gendarmes, que l’Ifop avait déjà mis en évidence lors de précédents scrutins (3), devrait s’exprimer avec très grande intensité. 51  % des gendarmes expriment ainsi l’intention de voter pour Marine Le Pen au premier tour, soit une «  prime  » de près de 28 points par rapport à la moyenne nationale. Cette domination frontiste est la plus marquée dans les rangs de la Gendarmerie mobile (65  %) mais ce vote est aussi nettement majoritaire dans la départementale (54  %) et atteint des proportions élevées dans les autres entités (gendarmeries spécialisées, Garde républicaine…) : 40  %.

On constate également un très net clivage selon le grade. 56  % des sous-officiers envisagent de voter pour Marine Le Pen mais ce n’est le cas que de 17  % des officiers et officiers généraux.

Une droitisation des gendarmes qui avaient voté pour la droite classique

Elément intéressant, le vote FN est nettement moins répandu parmi les gendarmes qui ont moins de deux ans d’ancienneté (33  %) que parmi ceux qui ont intégré les rangs de la Maréchaussée depuis plus de deux ans (plus de 50  % de vote FN). Cet écart peut s’expliquer par le fait que les personnes les plus récemment rentrées dans la Gendarmerie ont été moins exposées que leurs collègues plus anciens à la délinquance, à l’insécurité et aux incivilités et que le tropisme en faveur du FN est donc moins développé chez elles.

On peut également avancer l’hypothèse que les recrues les plus jeunes ne se sont pas encore pleinement approprié le climat d’opinion spécifique qui règne dans ce corps et partagent donc des valeurs et un regard sur la société qui diffèrent quelque peu.

Quand on compare les intentions de vote pour la prochaine élection avec le vote déclaré lors de la présidentielle de 2012, la dynamique frontiste se confirme. 43  % des gendarmes disent avoir voté pour Marine Le Pen à l’époque, soit 8  points de moins qu’aujourd’hui.

Le contexte terroriste, la crise migratoire, la persistance de l’insécurité durant le quinquennat ainsi que les événements violents ayant émaillé la période (affrontements à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens ou lors de la mobilisation contre la loi Travail) ont sans doute nourri cette progression. Politiquement parlant, elle s’est manifestement opérée chez les gendarmes par une radicalisation de ceux qui avaient voté pour la droite classique à l’époque.

Macron devance Fillon

Nicolas Sarkozy avait ainsi obtenu 30  % des voix des gendarmes en 2012 alors que François Fillon n’en recueillerait plus que 14  % aujourd’hui. Autre signe de ce basculement, 36  % des gendarmes qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy à l’époque envisagent cette année de glisser un bulletin Marine Le Pen dans l’urne. Les déboires judiciaires de l’ancien Premier ministre ont sans doute également contribué à amplifier ce basculement.

Le candidat de la droite serait du coup distancé d’une courte tête par Emmanuel Macron (16,5  % contre 14 %). Toutefois, le leader d’En Marche ! atteindrait dans les rangs de la maréchaussée un étiage significativement inférieur à son niveau moyen (23,5  %). Le manque à gagner est encore plus important pour Jean-Luc Mélenchon : 5  % parmi les gendarmes contre 19  % dans l’ensemble du corps électoral. Si le leader de la France insoumise bénéficie d’une vraie dynamique dans la population, l’institution gendarmique demeure imperméable puisque son score d’aujourd’hui serait à peine plus élevé (5  %) qu’en 2012 (2  %). Benoît Hamon, quant à lui, atteindrait 4  % parmi les gendarmes contre 7,5  % dans l’ensemble de la population, confirmant l’orientation très droitière de ce corps.

Jérôme Fourquet

Directeur du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop

(1)  On rappellera que cette enquête auprès des gendarmes et le sondage auprès du grand public ont été réalisés avant l’arrestation de deux djihadistes à Marseille qui envisageaient de passer à l’action de manière imminente.

(2) Sur cet item, une différence significative se fait jour entre le ressenti des gendarmes mobiles plus confrontés à cette problématique (beaucoup ayant servi à Calais, à la frontière italienne ou lors d’opérations de démantèlement de campements en région parisienne). Ils évoquent ainsi cet enjeu à 68% contre 56% pour leurs collègues de la gendarmerie départementale, qui eux mentionnent davantage l’incivilité et l’incivisme d’un grand nombre de citoyens (61% contre 52%), problématique à laquelle ils sont professionnellement plus exposés au quotidien.

(3) Voir par exemple Ifop Focus n°115 « Gendarmes mobiles et gardes-républicains : un vote très bleu-marine ». Juillet 2014

Rapport détaillé des résultats :

Télécharger (PDF)

 

 

14 Commentaires

  1. TIBAULT

    je suis fille de gendarme, veuve de gendarme, et je comprends tous ces gendarmes et policiers qui en ont marre d’être pris pour cibles par “ces petits sauvageons” issus des banlieues. Plus, ils cassent et plus ils ont de crédit. Alors pourquoi se gêner.

    • Effectivement, Marre d’être injurié, d’être considéré comme des bons à rien et se faire tabasser.
      Vivement que la grande muette réagisse.Mais est-ce-que les grands chefs suivront ???????

  2. OSSENT

    C’est grave sir les gendarmes se bornent à regarder que les problèmes de sécurité pour choisir leur candidate sans prendre conscience des conséquences importante pour la France et pour l’Europe de voter pour une telle candidate. Cela manque de clairvoyance, d’expérience, d’informations suffisantes, d’analyses sérieuses et concrètes de l’ensemble des programmes. Les gendarmes ne peuvent pas faire abstraction aux problèmes économiques et sociales, à la force et la réputation de la France dans le monde et dans l’Europe etc…
    On ne peut se borner à ne regarder qu’un aspect des vastes dossiers sans tenir compte de tous les aspects de la société dans son ensemble pour choisir un candidat. La sécurité intérieure comme extérieur concerne aussi et surtout l’Europe. Comment alors choisir une telle candidate qui veut rompre avec le lien Européen

  3. Le sondage mettant Marine Le Pen à 51% d’intentions de vote des gendarmes est étonnant, le F.N. annonce son intention de quitter la communauté européenne, de revenir au franc. Tout cela a un coût non négligeable se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Est-ce bien le moment d’ajouter de la dette à la dette qui
    s’élève aujourd’hui à 2200 milliards d’euros. Nos enfants et petits enfants supporterons cette erreur car les agios ne sont pas compressibles, tôt ou tard, il va falloir payer les erreurs de nos dirigeants en matière d’économie.

  4. Yannh

    Là, je ne comprends plus ! Alors que l’Armée se doit d’être apolitique et de servir de la même manière l’ensemble des Français – il lui est d’ailleurs interdit de faire de la politique, d’être syndiquée etc etc – voilà qu’elle fait l’objet d’un sondage politique à la veille de l’élection présidentielle. Je note au passage que lors d’élections précédentes les résultats des votes aux camps de La Bène et de Satory, qui ne concernent (je crois) que des Militaires, avaient été commentés dans la presse et s’offusquaient de la faveur de ces militaires pour Marine et le FN.
    Une question : Quel est le but de cette confrontation des Gendarmes à la politique ? Les diviser ? Les opposer à la population ?…
    Dans tous les cas, pour moi, ce n’était pas une bonne idée.

    • Didier Chalumeau

      Bonjour, le sondage concerne aussi des questions de société.

  5. LECOMTE

    Je suis un ancien A/C de Gendarmerie, et je suis étonné de ces résultats du sondage (que je ne conteste pas cela va de soi). Bien entendu il faut tenir compte des conditions dans lesquelles les gendarmes travaillent mais il faut voir plus loin que le bout de son nez. Qu’adviendra-t-il si elle nous fait sortir de l’Europe, qu’adviendra -t-il de la France, de sa situation économique et sociale, qu’adviendra-t-il si nous nous retrouvons isolés au sein de l’Europe, etc…. Messieurs les Gendarmes, avant de vous lancer dans un vote utopique réfléchissez à deux fois.

    • Yannh

      @ Lecomte : Tout d’abord, la France ne quittera pas l’Europe. Je la vois mal se détacher du continent et voguer sur l’Atlantique au grès des courants. Regardez le Royaume Uni : elle est toujours là non ? C’est donc l’Union Européenne que la France quitterait. Et, contrairement aux prédictions des euro-fédéralistes-mondialistes ce ne sera pas non plus le chaos annoncé. Regardez le Royaume Uni : Légère baisse de sa monnaie entrainant augmentation des exportation, donc de l’activité industrielle, donc reprise de l’emploi qui est aujourd’hui proche du minimum incompressible. Voilà pour l’essentiel car tout développer serait un peu long. Non, la sortie de l’U.E. n’isolera pas la France et le retour au Franc n’est pas un obstacle. Souvenez-vous du livre de P. de Villiers en 2000 : “Vous avez aimé les farines animales, vous adorerez l’euro”. Eh bien, nous y sommes. Alors, avant de mettre un banquier mondialiste à la tête de l’Etat, réfléchissez à deux fois.

  6. Leglaude04

    MLP a raison à…….80 % mais le retour à un “nouveau franc” serait une très mauvaise chose pour les français. Passer à l’Euro a été une très mauvaise opération qui nous a appauvi, nous les français notamment. Cependant, sortir de ce système monétaire serait encore pire.

  7. Leglaude04

    MLP a raison à…….80 % mais le retour à un “nouveau franc” serait une très mauvaise chose pour les français. Passer à l’Euro a été une très mauvaise opération qui nous a appauvi, nous les français notamment. Cependant, sortir de ce système monétaire serait encore pire.

  8. régis

    Pas surpris mais mal à l’aise…

  9. DESFOUGERES

    Une fois de plus une trop grande majorité de Français n’auront rien compris au vote présidentiel. Et une fois de plus ils enverront ces malheureux Gendarmes, C R S , Policiers , et militaires au casse pipe ! en versant des larmes de crocodiles , des… Je Suis ……… lorsqu’un de ces malheureux a été tué !…… Pauvre France ! et bravo à toutes les forces de l’ordre et……de leurs familles qi souffrent en silence !

  10. Tonton René

    La publication d’un tel sondage est-elle bien opportune ?
    Et d’abord sa réalisation ?

  11. Excellent. Les forces de l’ordre sont clairement en 1ère ligne face à cette racaille qui n’a pas été nettoyée au karcher, malheureusement… Soutien total.

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