mercredi 13 décembre 2017
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Le préfet Morvan, nouveau “patron” des policiers nationaux a sa feuille de route

Le préfet Eric Morvan DGPN ( photo préfecture Pyrénées Atlantiques)

Le préfet  Eric Morvan, préfet des Pyrénées-Atlantiques depuis septembre 2016 a été nommé Directeur Général de la Police Nationale (DGPN) au conseil des ministres de ce mercredi 2 août. Préfet des Pyrénées Atlantiques, il prendra ses fonctions le 28 août.

Issu du corps préfectoral, il succède à Jean-Marc Falcone, un DGPN ancien commissaire de police,    sur fond de menace terroriste persistante et de malaise policier.
La nomination à ce poste stratégique de M. Morvan, constitue tout sauf une surprise puisque son nom circulait avec insistance depuis
plusieurs semaines.

Un vaste mouvement de renouvellement de la hiérarchie policière

Sa promotion à la tête des quelque 150.000 fonctionnaires de la Police nationale s’intègre dans un vaste mouvement de renouvellement de la hiérarchie policière, prévu de longue date et qui selon une source policière, ne doit pas être lu comme l’application du “spoil system” à la tête des grandes administrations, décidé par Emmanuel Macron, visant à s’assurer de disposer de personnalités loyales pour appliquer son projet.
Avant lui, Laurent Nuñez avait succédé à Patrick Calvar comme directeur général de la sécurité intérieure (DGSI).
Pur produit de la “préfectorale”, Eric Morvan, 60 ans, passé par la préfecture de police de Paris, fut le directeur adjoint du cabinet de Bernard Cazeneuve à Beauvau d’avril 2014 à septembre 2016.
C’est à cette époque qu’il travaille avec le DGPN sortant, Jean-Marc Falcone, dont les trois années “hors norme” à la tête de l’institution policière sont marquées par une série d’attentats jihadistes sans précédent dont plusieurs ont visé spécifiquement des policiers comme le 13 juin 2016 à
Magnanville (Yvelines).
L’une de ces attaques, le 14 juillet 2016 à Nice, entraînera une vive polémique sur les conditions de sécurisation de la Promenade des Anglais qui obligera M. Falcone à monter en première ligne pour défendre la Police nationale.
Jean-Marc Falcone sera à nouveau sous le feu des projecteurs lors de l’inédit mouvement de grogne des policiers de l’automne 2016. L’une des images fortes de cette mobilisation est restée la manifestation devant le siège de la police à Evry où, sous une bordée de huées et de slogans hostiles, la voiture
du DGPN a difficilement fendu une foule de policiers en colère.

Le directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone (crédit: M. GUYOT/ESSOR).
Le directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone (crédit: M. GUYOT/ESSOR).

Outre la lutte contre le terrorisme, la mission de Jean-Marc Falcone à la DGPN restera marquée par l’adoption d’un protocole de valorisation des carrières, des compétences et des métiers, présenté comme “historique” en avril 2016 et d’un plan “sécurité publique” avec la promesse de moyens nouveaux pour la police.
Le DGPN est “un acteur puissant dans une maison fragmentée”, analyse l’universitaire Jacques de Maillard, directeur adjoint du centre de recherche sur le droit et les institutions pénales (Cesdip).
L’un de ses principaux chantiers “sera de rendre opérationnelles les réformes, notamment la police de sécurité du quotidien”, analyse le chercheur.
Sur fond de malaise policier persistant, il “devra mettre en place une doctrine améliorant les relations de la police avec la population et le faire sans braquer les policiers et leurs représentants“, relève Jacques de Maillard.
Le tout avec des moyens relativement limités“, complète l’universitaire, selon qui la question des moyens, sur fond de réduction des déficits, va devenir “centrale”.
Le premier syndicat de gardiens de la paix et gradés, Alliance, a d’ailleurs dans un communiqué demandé au nouveau DGPN de la “pugnacité” pour défendre le budget de la police nationale.

Apprécié des policiers pour son sens du dialogue

Dans un communiqué, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb le décrit comme un “fin connaisseur des questions de sécurité intérieure, apprécié des policiers pour son sens du dialogue” et rappelle qu’il  a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de la Police Nationale et du ministère de l’Intérieur .

Il y a en effet servi en qualité de sous-directeur du personnel à la Préfecture de police (2005), directeur des finances, de la commande publique et de la performance (2010), secrétaire général pour l’administration de la police de la Préfecture de Police (2012) et directeur-adjoint du cabinet du ministre de l’Intérieur (2014).

Le ministre lui a fixé sa feuille de route : “Dès sa prise de poste, le directeur général de la Police nationale devra engager plusieurs réformes d’importance et notamment mettre en place une police de sécurité du quotidien, rechercher une meilleure complémentarité avec les autres acteurs de la sécurité et poursuivre les efforts entrepris pour améliorer les moyens matériels et les équipements de la Police Nationale. Il devra être force de proposition en vue de la réforme de la procédure pénale particulièrement attendue par les fonctionnaires de police” écrit le ministre.

Ce dernier tient à remercier vivement Jean-Marc Falcone, nommé préfet de la région centre-Val-de-Loire. pour son action admirable, dans des circonstances souvent difficiles depuis juin 2014 et notamment pendant les attentats meurtriers qui ont touché la France».

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