samedi 23 septembre 2017
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Les pompiers ont du mal à recruter

sapeurs-pompiers de Gironde intervenant sur un accident de la circulation routière
Sapeurs-pompiers de Gironde intervenant sur un accident mortel de la circulation (Photo d’illustration L’Essor)

Un sur-recrutement dans l’armée, des exigences aiguës: les pompiers, particulièrement ceux de Paris, n’attirent plus autant les jeunes, une mauvaise nouvelle dans un contexte de risque élevé d’attaque terroriste.
“Pour 2017, l’objectif est d’atteindre 800 nouvelles recrues“, précise d’emblée l’adjudant David Ziolkowski, en charge du recrutement à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).
Entre les fins de contrat, les retours en province, les non-renouvellements, les besoins sont importants pour les pompiers de Paris
mais l’objectif est plus difficile à atteindre: “Il y a 2 ans, on avait 8 candidatures sur un poste, il y avait une liste d’attente et les candidats qui
y étaient pouvaient attendre 10 mois avant d’intégrer la brigade”.
Aujourd’hui, ce taux est en baisse.
Au centre de formation de la brigade au Fort de Villeneuve-Saint-Georges, au sud de Paris, la problématique est prise au sérieux.
Si Thomas Victor, Aymeric Sarazin ou leurs 70 autres nouvelles recrues n’ont pas hésité à marcher notamment sur les pas d’un père pompier et à incorporer la BSPP pour ses “valeurs d’aide, d’entraide, de respect”, d’autres ont eux abandonné.

La concurrence des gendarmes

Toutefois atteindre ce Graal n’a pas été une mince affaire. Thomas, informaticien de formation et “pas du tout sportif”‘, n’a pas ménagé sa peine:
Pour rentrer à la brigade, j’ai perdu jusqu’à 15 kilos, j’ai fait un entraînement sur un an et demi, deux ans”.
Pour le capitaine Philippe Micouraud, adjoint au directeur du centre de formation, la BSPP ne cherche pas des “surhommes” mais des compétences, de plus en plus étendues. Outre, “l’incendie, le secours à victimes, les risques technologiques” que le pompier de Paris – de statut militaire – doit avoir, s’est ajoutée depuis les attentats de Paris en 2015, “la prise en charge des blessés par arme de guerre“.
Avec une “image d’élite qui colle à la brigade”, “les jeunes n’osent pas nous rejoindre… Les femmes, en particulier, qui pensent que ce n’est pas à leur niveau”, regrette l’adjudant David Ziolkowski, chargé du recrutement à la BSPP.
Alors pour les séduire, la brigade a dépoussiéré son image et s’est lancésur les réseaux sociaux: Twitter, Instagram, Snapchat ou Facebook. Mieux, elle a fait appel à la coqueluche des jeunes sur Youtube, Tibo Inshape, dont le clip de 16 minutes chez les pompiers a été vu plus de 2 millions de fois en trois mois.

“Si on n’encourage pas le volontariat, c’est tout le système de secours qui se casse la figure”

Outre l’image, la création des réserves opérationnelles a également rendu la tâche ardue: avec “le contexte post-attentat”, il y a “un sur-recrutement chez les gendarmes, les policiers, l’armée… où plus de 17.000 soldats doivent être recrutés”, rappelle l’adjudant Ziolkowski. “Forcément, c’est des places en moins pour nous”, se désole-t-il.

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPF), professionnelle mais pas militaire, fait elle aussi le même constat.
“Ce sont les mêmes profils de gens que l’on recrute, le même vivier” et “on est victime de cette concurrence” avec les autres corps de la garde nationale, estime Dominique Turc, chargé de la promotion du volontariat à la Fédération.
“Si on n’encourage pas le volontariat, c’est tout le système de secours qui se casse la figure“, tranche-t-il.
“Le nombre de volontaires était au début des années 2000 bien au-delà de 200.000; en 2013, il était de 192.000”, selon le colonel Eric Faure, président de la FNSPF, dont le réseau est formé par 78% de pompiers volontaires et 17%
de professionnels.
Et professionnaliser toutes casernes est illusoire, selon le colonel Faure, estimant le coût d’une telle mesure à près de 18 millions.
Or, il y a péril en la demeure, selon l’officier: “Si on tue le volontariat, on n’aura plus la réserve de volontaires en cas de coup dur”.

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