samedi 27 mai 2017
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Policier de la Bac d’Aix-en-Provence tué en 2011: perpétuité pour les deux principaux accusés

Essor Policiers Blessés 93
Photo d’illustration (DC/L’Essor).)

Trois cambriolages et une course-poursuite s’étaient achevés par la mort d’un policier en 2011. Les deux principaux accusés ont été condamnés à la perpétuité vendredi par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, après avoir clamé leur innocence.
Les cris et les insultes des proches des condamnés ont fusé à l’encontre des parties civiles et du tribunal à l’annonce du verdict: Jean Bengler et Jean-Baptiste Dominici ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité sans période de sûreté, tandis que leurs co-accusés Bruno Bonati et Auguste Debard ont été condamnés respectivement à 12 ans et 7 ans d’emprisonnement. La cour a prononcé la relaxe de Lionel Le Gratiet.
“Vous envoyez des innocents en prison”, ont crié des proches des accusés, tandis que deux policiers des équipes de la BAC présents le soir des faits ont fondu en larmes sur le banc des parties civiles.
La condamnation est “écrite depuis le départ, logique, totalement injuste,
ne repose sur aucun élément sérieux et c’est la raison pour laquelle
Jean-Baptiste Dominici fera appel de cette condamnation“, a déclaré à l’AFP l’avocat de ce dernier, Bruno Rebstock.
L’avocat général avait requis la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté pour MM. Bengler et Dominici, et 20 ans de réclusion pour Bruno Bonati, 15 ans pour Auguste Debard et 3 ans d’emprisonnement pour Lionel Le Gratiet.
Frédéric Monneret, le conseil d’Auguste Debard, a déclaré que “c’est un verdict qui a tenu compte de l’attitude de franchise et la collaboration à l’oeuvre de justice de Debard (…) dans ce pays la prime à la franchise existe toujours”.
Auguste Debard avait reconnu avoir participé aux cambriolages mais affirmait n’avoir pas été présent au moment des tirs. Avant que la cour d’assises des Bouches-du-Rhône ne rende son verdict les  cinq hommes jugés pour ces faits ont clamé leur innocence et eu “une pensée pour les victimes” .

Une pensée pour les victimes

Vêtus de sombre et les traits tirés, les accusés ont pris la parole dans le box pour la dernière fois vendredi matin, au terme de deux semaines de procès, devant une salle comble de policiers en civil notamment.
“Cela fait cinq ans que j’essaie de prouver mon innocence, je ne veux pas être accusé à tort pour quelque chose que je n’ai pas fait. Je n’ai pas de sang sur mes mains”, a déclaré Jean Bengler, 27 ans, principal accusé avec Jean-Baptiste Dominici, 40 ans, du meurtre du policier Eric Lalès, 37 ans.
“Je suis sincèrement désolé pour les victimes. Je sais ce que c’est de perdre un proche“, a ajouté Jean Bengler, en référence à son frère William Bengler, tué à 17 ans lors d’un vol à main armée.
“Je n’ai strictement rien à voir dans cette histoire. On se sert de moi pour remplir l’accusation. Moi aussi j’ai une femme et des enfants”, a déclaré Jean-Baptiste Dominici, recherché pour un braquage au moment des faits et dont l’accusation pense qu’il a ordonné à jean Bengler de tirer pour couvrir leur
fuite. Lui aussi a déclaré avoir “une pensée pour les victimes”.

Jeudi, la défense a plaidé l’acquittement des cinq hommes. “Quinze ans pour trois cambriolages? Vous seriez inscrits au Guinness de la répression!”, s’est exclamé jeudi Frédéric Monneret, l’avocat d’Auguste Debard. Ce dernier a reconnu avoir participé aux cambriolages mais affirme n’avoir pas été présent
au moment des tirs.
“On n’est pas dans la Champions League du banditisme, il n’avait qu’un casier judiciaire de petit délinquant avant les faits”, a ajouté Me Monneret.
Emmanuel Marsigny, avocat de Jean Bengler, a appelé la cour à “aller au-delà des préjugés sur les gens du voyage” –dont est issu son client. “Jean Bengler est tout sauf un meurtrier“, a-t-il ajouté. “Ce geste fou, il ne peut pas l’avoir commis”.

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