dimanche 19 novembre 2017
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Richard Lizurey réserve opérationnelle
Richard Lizurey, le directeur général de la Gendarmerie nationale, lors des Assises de la Garde nationale, vendredi 13 octobre (capture d'écran).

La Gendarmerie marque une pause dans la hausse des effectifs de la réserve opérationnelle

Tables-rondes, acteurs de la sécurité intérieure, représentants du monde économique: les premières Assises de la garde nationale qui se sont tenues dans le cadre de la Journée Nationale du Réserviste ce vendredi 13 octobre, ont fait le plein à l’Ecole militaire, à Paris. L’occasion, face aux 550 réservistes et 20.000 internautes ayant suivi le live sur Facebook, de célébrer la réussite de ce dispositif, mais aussi de travailler sur les difficultés. Dans la Gendarmerie, il existe un point noir : c’est celui de la formation des nouveaux réservistes. De 25.000 réservistes opérationnels en 2016, l’Institution visait l’intégration de 40.000 volontaires d’ici la fin de l’année 2018. La marche était sans doute trop haute, et dans son discours, Richard Lizurey, le directeur général de la Gendarmerie nationale, a annoncé, sans le dire formellement, une pause. En juin, les réservistes étaient 29.600 dans l’Arme.

« La volonté commune c’est de consolider le dispositif, explique Richard Lizurey. Nous avions l’ambition de monter jusqu’à 40.000 réservistes. A ce stade nous allons consolider le dispositif à 30.000, pour nous laisser le temps de former davantage encore les personnels qui sont chez nous, pour poursuivre leur formation, pour les intégrer encore davantage dans le spectre missionnel, et pour améliorer ici ou là les bonnes pratiques qui s’expriment », pour par exemple « améliorer le quotidien ».


Créée en octobre 2016, la Garde nationale avait une belle ambition : augmenter le nombre de réservistes de près d’un tiers en deux ans, de 63.000 à 85.000 réservistes. Un effort qui repose essentiellement sur les deux grands piliers de cette structure, les Armées et la Gendarmerie nationale, les effectifs des réserves de la Police nationale étant eux plus mesurés. Pour la Gendarmerie, cela représente donc environ un minimum de 15.000 nouveaux réservistes à former en deux ans, et cela sans compter les départs ou les retraites de la réserve.

De nombreux gendarmes à former

Répétition du défilé à pied du 14 juillet 2016 au camp militaire de Versailles Satory. Les élèves de la 5è compagnie de l’école de gendarmerie de Châteaulin sont ici encadrés par le colonel Polaillon, commandant de l’école de sous-officiers. Crédit : ND.

Une hausse importante des réservistes à former alors qu’intervient un double effet de ciseau. D’une part, l’enseignement des réservistes vient d’être réformé, les trois phases d’apprentissage sont désormais rassemblées en quatre semaines consécutives depuis 2016 –  une contrainte pour les centres de formation et pour les élèves, qui doivent bloquer un mois complet. Et d’autre part, la Gendarmerie prévoit de former 50.000 nouveaux gendarmes dans les cinq prochaines années, un cycle important de recrutement lié au renouvellement des personnels recrutés dans les années 1980, « une bosse générationnelle ».

« Les formations des réservistes mobilisent du personnel, du matériel, rappelle l’Institution. Nous voulons former les réservistes le mieux possible : si les stagiaires sont trop nombreux, l’enseignement est moins qualitatif. »

Pour autant, si la hausse du nombre de réservistes va marquer une pause, l’intérêt du dispositif n’est pas démenti. Une seconde compagnie territoriale de réserve va ainsi s’envoler dans les prochains jours pour Saint-Martin, dans les Antilles, pour faire face aux dégâts causés par l’ouragan Irma. « Il y a une plus value indéniable de la réserve opérationnelle, souligne Richard Lizurey. C’est une composante à part entière de notre action, elle décuple notre présence, elle nous permet d’occuper davantage le terrain, plus longtemps et plus souvent. »

Du coup, la Gendarmerie réfléchit à des pistes de progrès. Concrètement, le directeur général a promis un équipement similaire aux troupes d’active. « Ils prennent les mêmes risques, ils doivent donc avoir les mêmes matériels », comme les gilets pare-balles, précise Richard Lizurey. De même, les réservistes, agents de police judiciaire adjoints, pourraient dans certains cas avoir la qualité d’agent de police judiciaire – c’est déjà le cas des gendarmes retraités réservistes -, pour être « davantage intégrés dans l’efficacité opérationnelle au quotidien ». Même moins nombreux qu’attendu, les futurs réservistes devraient bien être encore plus efficaces.

Un colloque sur la réserve dans le cadre de la JNR 2017.

L’association nationale des réservistes de la Gendarmerie, (Anorgend) et la Gendarmerie nationale organisent le 9 novembre 2017 un colloque sur la réserve, à Paris, à l’occasion de la Journée nationale du réserviste. Cette journée d’études se penche sur l’histoire des gardes attachées à la Gendarmerie. Elle sera clôturée par un concert de la Garde républicaine.

Entrée gratuite sur inscription et sur présentation d’une pièce d’identité. Jeudi 9 novembre 2017 de 8h45 à 12h et de 14h à 18h30, à l’auditorium de l’hôtel de Ville de Paris, 5 rue de Lobau, 75004 Paris. Programme: Conférence inaugurale du professeur Jean-Noël Luc; table ronde sur les formes primitives de gardes aux armées; table ronde sur le modèle de la garde au 19e siècle; table ronde sur les gardes du 20e siècle et les modèles dérivés; conférence de clôture du général d’armée (2s) Marc Watin-Augouard.

Gabriel THIERRY.

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7 Commentaires

  1. Hirondelle

    L’article mérite une correction sur la qualification juridique des réservistes.

    Les réservistes sont agent de police judiciaire adjoint pour ceux issus du recrutement civil ou des ex GAV et agent de police judiciaire pour ceux issus de la gendarmerie (retraités) même si ces derniers avaient été OPJ durant leur carrière professionnel.

    • gabriel

      Bonjour, merci pour votre vigilance, effectivement nous avons fait une erreur! Nous corrigeons immédiatement.

  2. BINARD

    Bonjour à tous,
    Et que dire des réservistes, retraités de l’Arme, ayant souscrit un contrat MAIS qui ne sont JAMAIS appelé ??? Pourtant leurs expériences et leurs connaissances, surtout en tant que “récents” retraités sont une plus-value qu’il ne faudrait pas négliger ! Surtout en tant que formateurs, par exemple, ou même pour gérer les dossiers des “actifs” les libérant ainsi pour des missions opérationnelles.
    C’est vraiment du gâchis (sans prétention) de ne pas tenir compte des années de service des anciens prêt à continuer qq temps au profit des jeunes.
    Un sondage serait peut-être utile pour connaitre combien d’ex-de l’Arme et réservistes n’ont jamais été appelés pour des missions ?

  3. Swol andre

    Une pause dans la gendarmerie pour les réservistes et une suppression des réservistes Police.Un pas en avant et deux pas en arrière.Nous avons perdus des guerres pour moins que çela.Les réservistes sont devenus indispensables aux bons fonctionnement de nos services respectifs.Ils contribuent notamment à soulager les effectifs sur le terrain mis à rude épreuve ces derniers temps .Mais voila encore la réalité budgétaire qui nous rattrape.Je propose que la cagnotte du sénat de 1 milliard d euros serve à payer les réservistes..

  4. totolehero

    Et dire avec tous les problèmes de sécurité actuel, que la gendarmerie envoie sur la voie publique en plein Paris, en octobre 2017, des réservistes sans gilet pare balle (GPB), sans arme de poing, mais, avec une arme d’épaule de type MP5 et sans chargeur …
    Cela s’appelle une cible de foire.
    Des réservistes doivent se déplacer en tenue sur la voie publique sans GPB, sans avoir reçu leurs convocations.
    Souvent le GPB s’il est prêté au réserviste n’est absolument pas à sa taille ou pour son sexe (GPB homme femme), du coup le réserviste en tenu sur la voie publique est très mal protégé.
    Il y a neuf mois de retard dans le paiement des soldes des réservistes.
    Les actifs sont très accueillant et toujours de bon conseil lors des renforts, c’est un vrai point positif.

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