mardi 22 août 2017
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Paris : une voiture de police incendiée lors d’un rassemblement interdit contre les violences policières

Une voiture de police a été incendiée mercredi vers midi et demi par des manifestants près de la place de la République à Paris, lors d’un rassemblement contre les violences policières interdit par la préfecture.

Quelque 300 contre-manifestants qui criaient “Flics, porcs, assassins” ou “tout le monde déteste la police” avaient été repoussés un peu plus tôt avec des gaz lacrymogènes de la place, où se tenait un rassemblement de syndicats de policiers.

Cent à 150 contre-manifestants se trouvaient sur le quai de Valmy quand ils ont croisé cette voiture de police, a précisé la préfecture de police. Une quinzaine d’entre eux se sont alors mis à taper avec des barres de fer sur le véhicule, ont fait sortir de force les deux fonctionnaires qui étaient à l’intérieur, avant de jeter un cocktail molotov par la lunette arrière brisée, selon la même source. Les deux policiers sont légèrement blessés, souffrant de contusions.

La voiture, une Renault Scenic, brûlait encore à 12h45, mais les pompiers ont éteint le feu avant 13H00, pendant que des dizaines de badauds continuaient de prendre des photos à quelques mètres de là. La voiture a été complètement carbonisée, et une pancarte en carton “Poulets rôtis, prix libre” déposée sur le sol à quelques mètres du véhicule.

voiture brûlée quai de Valmy
Les pompiers ont éteint l’incendie vers 13h. (Photos “L’Essor de la Gendarmerie nationale”).

Selon Amina, témoin de la scène, “les jeunes étaient en colère, ils ont vu cette voiture, c’était comme agiter un chiffon rouge devant un taureau”. Malgré l’interdiction de rassemblement qui leur avait été faite, plusieurs centaines de contre-manifestants dénonçant les violences policières s’étaient rendus place de la République, appelés à manifester par le collectif “Urgence, notre police assassine” (UNPA), lui-même soutenu par les collectifs “Stop le contrôle au Faciès” et “la Brigade anti-négrophobie”.

Le préfet de police a condamné “très fermement l’action violente dirigée à l’encontre” de ces deux policiers, ajoutant qu’ils “n’ont pu s’échapper que dans des conditions extrêmes face à une agression d’une grande brutalité”. Il a adressé “tout son soutien à ces deux fonctionnaires”, attendant, après avoir saisi le parquet, que “toutes les suites judiciaires adaptées soient données à cet acte inacceptable”.

Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire.

La Préfecture de police s’était opposée à ce rassemblement, estimant qu’il “ne [pouvait], dans ces conditions, que susciter de vives tensions et des risques importants de troubles graves à l’ordre public”.

Plusieurs centaines de policiers manifestaient mercredi midi sur la place de la République pour dénoncer la “haine anti-flics”, une première survenant après deux mois d’affrontements parfois violents en marge de la mobilisation contre la loi travail.

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