lundi 20 novembre 2017
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panneau gendarmerie à Boos (76)
Photo d'illustration (S.D L'Essor).

Nouvelle-Calédonie : des moyens pour la sécurité et la justice

Le haut-commissariat à Nouméa (préfecture) a précisé samedi l’affectation des moyens supplémentaires pour la sécurité et la justice en Nouvelle-Calédonie. Parmi eux, la création d’une brigade motorisée de la gendarmerie à Koné.

Le ministère de l’Intérieur va faire “des efforts” pour renforcer la sécurité en Nouvelle-Calédonie durant l’année 2018, avait annoncé le ministre Gérard Collomb vendredi, à l’issue d’une réunion “sécurité-justice” qui s’est tenue à son ministère en présence notamment des délégations calédoniennes qui ont participé jeudi à Matignon au XVIe comité des signataires de l’accord de Nouméa.

Création d’une brigade motorisée de la gendarmerie

Alors que la route tue sur le Caillou quatre fois plus qu’en métropole, la création d’une brigade motorisée de la gendarmerie à Koné (Nord) et l’apport de “l’expertise” de l’Etat aux collectivités locales pour mettre en oeuvre “des mesures plus contraignantes” ont été annoncées.

En ce qui concerne la délinquance des mineurs, en constante hausse, une antenne de la brigade de prévention de la délinquance juvénile va également être installée à Koné tandis qu’une “unité canine légère” sera créée au sein de la direction de la sécurité publique.

Afin de mieux anticiper les dérives urbaines et autres phénomènes de bande, le service du renseignement territorial sera renforcé”, ont en outre indiqué les trois ministères (Intérieur, Justice, Outremer) concernés par cette réunion. Le financement d’une enquête sur les violences faites aux femmes, autre sujet de préoccupation selon les dernières statistiques de la délinquance, a a été annoncé.

Enfin, dans le domaine de la justice, les effectifs de l’unique prison de Nouméa vont être renforcés et les conditions de construction d'”une structure éducative contenante” vont êtres définies dans le cadre des assises de l’Outre-mer.

L’accord de Nouméa de 1998 prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination au plus tard en novembre 2018 sur le territoire. Alors que la Nouvelle-Calédonie s’émancipe progressivement, elle est confrontée à des problèmes d’insécurité, alimentés notamment par une consommation massive d’alcool dans certaines composantes de la population.

 

 Le processus de décolonisation, étape par étape

Depuis 1988, la Nouvelle Calédonie est lancée dans un difficile processus de décolonisation par étapes, qui doit déboucher en 2018 sur un référendum d’autodétermination.

– 1988: le drame d’Ouvéa et les accords de Matignon

Tous les Néo-calédoniens ont en mémoire les tensions des années 80 dans cet archipel du Pacifique sud -français depuis 1853-, avec le boycott en 1984 des élections territoriales par les indépendantistes du FLNKS et surtout l’assaut sanglant de la grotte d’Ouvéa, le 5 mai 1988: 19 kanak qui retenaient en otages des gendarmes sont tués, ainsi que deux militaires.

Moins de deux mois après, le 26 juin 1988, les accords tripartites dits “de Matignon” sont conclus non sans mal entre Jean-Marie Tjibaou pour le FLNKS (indépendantiste), Jacques Lafleur pour le RPCR (anti-indépendantiste) et le Premier ministre socialiste Michel Rocard.

Ces accords, ratifiés par un référendum (sur la France entière) le 6 novembre 1988, créent trois provinces (Nord, Sud, Iles Loyauté) et prévoient l’organisation d’un scrutin d’autodétermination dans les dix ans. Mais le 4 mai 1989, Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, est tué par balle par le kanak Djubelly Wéa, qui ne lui a pas pardonné d’avoir signé ces accords. Wéa tire également sur Yeiwéné Yeiwéné, autre figure du FLNKS, avant d’être lui-même abattu par les gardes du corps des deux victimes.

– 1998: l’accord de Nouméa 

Dix ans plus tard, le 5 mai 1998, la signature de l’accord de Nouméa, sous l’égide du Premier ministre Lionel Jospin, lui aussi socialiste, instaure en Nouvelle-Calédonie un processus de décolonisation sur vingt ans. Ce texte fondateur, conclu entre l’Etat, les anti-indépendantistes et les indépendantistes kanak, puis ratifié à 72% par les Calédoniens lors d’un référendum, organise l’émancipation par étapes de l’archipel.

Un référendum d’autodétermination est prévu entre 2014 et 2018 au plus tard.

Pour les observateurs, l’accord de Nouméa est le garant du maintien de la paix en Nouvelle-Calédonie, après la quasi guerre civile des années 80. Mais la mise en oeuvre de ce processus, sans équivalent au sein de la République, se fait à petits pas. Ainsi, la Nouvelle-Calédonie adopte en 2009, après plusieurs années de négociations, un texte qui encadre l’exploitation de ses richesses en nickel en rénovant notamment les normes environnementales.

– 2018: pour ou contre l’indépendance 

Le Parlement adopte en 2009 un projet de loi qui permet des transferts progressifs de compétences de l’Etat à la Nouvelle-Calédonie, assortis de leurs modalités financières. Des transferts sont ainsi enclenchés en 2011 pour les affaires liées à la police, en 2012 pour l’organisation scolaire ou en 2013 pour le droit civil et commercial.

Au-delà, l’accord de Nouméa doit s’achever au plus tard en novembre 2018 par le référendum au cours duquel les Calédoniens décideront s’ils souhaitent accéder à la pleine souveraineté. Une éventuelle indépendance de la France serait une première depuis celle de Djibouti (1977) et du Vanuatu (1980), ex-territoire franco-britannique.

Si le non à l’indépendance l’emportait sur le “caillou” peuplé d’environ 269.000 habitants, deux autres scrutins référendaires sont envisagés par la loi.

 Avec AFP

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