samedi 24 juin 2017
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Photo d'illustration (D.C/L'Essor).

Le très cher service national d’Emmanuel Macron selon deux sénateurs

Trop coûteux, le service national ? La proposition de campagne d’Emmanuel Macron de mettre en place un service national obligatoire et universel inquiète le Sénat. Dans un rapport rendu public ce mardi 13 juin, les sénateurs Jean-Pierre Raffarin (LR) et Daniel Reiner (PS) s’alarment du coût d’une telle mesure.

Selon les sénateurs, cette promesse de campagne pèserait entre 20 à 30 milliards d’euros sur cinq ans ! Pour aboutir à ce chiffre, les deux élus additionnent le coût estimé des infrastructures (10 à 15 milliards d’euros), des acquisitions foncières (2 à 3 milliards), et de l’encadrement (12,5 à 15 milliards sur cinq ans). Autant d’argent à sortir des caisses publiques quand celles-ci se font parfois vides…

L’étanchéité des enveloppes budgétaires

Malgré la promesse du chef de l’Etat de financer ce dispositif hors de l’enveloppe de 2% du PIB promise à la défense d’ici 2025, les sénateurs craignent que ce rétablissement du service n’ait pour « effet secondaire d’ébranler les capacités opérationnelles des armées ». Les rapporteurs demandent des preuves de l’ « étanchéité des enveloppes budgétaires ». En clair, ils souhaitent qu’une ligne Maginot sépare, dans les comptes publics, le nouveau service national de l’effort de défense. Bien que porté à 32 milliards d’euros en 2016, l’effort de défense français (1,79%) est encore bien loin de la cible des 2% du PIB.

« Il s’agit d’éviter que la trajectoire financière de la future loi de programmation militaire soit exposée au risque d’éventuels ajustements que requerrait la couverture des besoins tenant au nouveau service national obligatoire – d’autant que, dans cette hypothèse, l’ajustement serait probablement effectué au détriment du programme d’équipement des forces, habituelle variable d’équilibre », précisent Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner.

De même, les deux sénateurs doutent de l’intérêt de ce service pour les besoins militaires opérationnels actuels. « La finalité du nouveau service proposé devrait être mieux définie, écrivent-ils. La conscription avait été instaurée, initialement, pour répondre à un besoin militaire, son impact social bénéfique constituant, en quelque sorte, une conséquence secondaire, au profit du lien social. Si la visée sociale devient première, encore faudrait-il déterminer précisément la vocation exacte du dispositif. »

Durant la campagne électorale pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait plaidé pour un service national obligatoire et universel d’un mois, soit environ 600.000 jeunes par an. Encadré par les armées et la Gendarmerie nationale, ce service doit « renforcer la cohésion républicaine et développer un esprit commun de défense ».

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