dimanche 19 novembre 2017
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Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics © MEF/ P.Bagein
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics © MEF/ P.Bagein

Le ministère de l’Intérieur à l’heure des économies budgétaires (vidéo)

Quelles vont être les conséquences de la diète budgétaire au ministère de l’Intérieur ? Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, l’a annoncé dans Le Parisien ce lundi 10 juillet : l’Etat a trouvé 4,5 milliards d’euros d’économies dans son budget. « Le ministère de l’Intérieur va faire 526 millions d’euros d’économies de fonctionnement, sans toucher aux effectifs de police et de gendarmerie », explique-t-il dans cette interview.

Une cible, 526 millions d’euros d’économies, nuancée par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le lendemain, ce mardi 11 juillet, devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale. En mettant de côté la mission « collectivités locales », ce sont 370 millions d’euros d’économies qui vont être recherchées Place Beauvau. Mais « pour la police et la gendarmerie, le budget 2017 exécuté devrait être comparable, voire légèrement supérieur, aux dépenses constatées en 2016 », assure Gérard Collomb, interrogé par le député Guillaume Larrivé (LR, Yonne).

Les explications de Gérard Collomb en vidéo:

Des réactions de GendXXI et de syndicats

En l’absence de la présentation des économies attendues, il est impossible de savoir aujourd’hui dans quelle mesure les forces de police, gendarmerie, les sapeurs-pompier, le renseignement, ou encore les préfectures seront affectés par cette diète budgétaire. Un flou qui n’a évidemment pas rassuré GendXXI. Sur sa page facebook, l’association professionnelle nationale militaire s’inquiète d’un « grand coup de rabot sur le budget de la gendarmerie ». « La coupe budgétaire attendue est d’autant moins compréhensible que les besoins face aux défis sécuritaires sont de plus en plus importants », note GendXXI.

Une inquiétude partagée par les syndicats de police. « Si l’Etat cherche des économies, les faire sur le dos des policiers et sur la sécurité serait catastrophique », souligne l’Unsa-Police. Deux syndicats, Alternative Police et le SCSI-CFDT, ont déjà leur petite idée pour faire des économies dans la « maison d’en face ». Ils estiment en effet « qu’avant de rogner sur la masse salariale des policiers, il conviendrait de se pencher sur des économies d’organisation de la police nationale mais également la problématique du statut militaire de la Gendarmerie qui engendre un surcoût budgétaire ».

Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie-Officiers, juge cette annonce surprenante et « totalement incompréhensible ». « L’ampleur des coupes nous rend sceptiques sur la capacité de l’Etat à faire face aux nouvelles missions comme la lutte antiterroriste ou la crise migratoire », ajoute de son côté Céline Berthon, secrétaire générale du Syndicat national des commissaires de police. « Même si on doit gérer au mieux les finances publiques, les Français comprendraient mal, dans le contexte actuel, que l’on fasse des économies sur leur sécurité », souligne enfin le secrétaire général du syndicat Alliance,
Jean-Claude Delage.

Gabriel THIERRY (avec AFP)

La défense pas épargnée. Son budget devait être sanctuarisé, et même au contraire augmenté durant le quinquennat d’Emmanuel Macron, pour atteindre une part de 2% du PIB en 2025. Le ministère de la Défense n’est pourtant pas épargné par la vague d’économies annoncées. « Nous avons demandé au ministère de la Défense de tenir le budget qui a été voté en 2017 par le Parlement, ce qui entraîne une réduction des dépenses de 850 millions d’euros, explique ainsi Gérald Darmanin au Parisien. Le budget ne diminue pas, mais l’enveloppe votée devra être respectée. Il faudra assurer le financement des opérations extérieures en trouvant des économies ailleurs. » Dans un communiqué, les sénateurs Gérard Larcher (LR, Yvelines) et Jean-Pierre Raffarin (LR, Vienne) se sont alarmés « des coupes qui pourraient compromettre les missions des armées ». « Les discussions budgétaires entamées pour réduire le déficit budgétaire 2017 laissent craindre des annulations de crédits d’une ampleur inédite pour le ministère de la Défense, en contradiction avec l’engagement du Président de la République de porter les ressources de la défense à 2 % du PIB en 2025 », pointent-ils.

 

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