lundi 11 décembre 2017
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L'incendie du garage du groupement de l'Isère en septembre a occasionné des dégâts importants. (Photo/Gendarmerie nationale).

Incendie à la gendarmerie de Grenoble : des scellés et plusieurs dizaines de véhicules détruits

Un violent incendie revendiqué par la mouvance d’extrême gauche a ravagé dans la nuit de jeudi des locaux techniques de la caserne de gendarmerie de Grenoble, détruisant du matériel d’investigation, de nombreuses pièces à conviction et plusieurs dizaines de véhicules.

L’incendie comme sa revendication rapide sur le site indymedia.org, régulièrement utilisé par ces organisations, interviennent deux jours après des faits similaires à Limoges où cinq véhicules de gendarmerie ont été brûlés à l’intérieur de la caserne Jourdan. Le texte posté à la mi-journée affirme que “cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci“. Huit prévenus comparaissent depuis mardi et jusqu’à vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’attaque et l’incendie d’une voiture de police en mai 2016.

Cette revendication est une piste très sérieuse même si cela n’exclut pas autre chose“, a déclaré à l’AFP Jean-Yves Coquillat, procureur de la République à Grenoble. D’autant que cet incendie “ressemble aux actions menées ces dernier mois contre des véhicules d’Enedis, de la Métropole, des services sociaux de la ville de Grenoble et qui étaient revendiqués par le même canal“, a ajouté le magistrat.

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Les enquêteurs de la section de recherches, à qui a été confiée l’enquête diligentée par le parquet de Grenoble, avaient cette hypothèse en tête dès le matin mais “aucune piste n’est fermée“, a affirmé à l’AFP le colonel Yves Marzin, commandant le groupement de gendarmerie de l’Isère.

De nombreux techniciens en identification criminelle s’affairaient sur les lieux du sinistre.

Par ailleurs, les enregistrements de caméras de vidéosurveillance balayant ce secteur étaient en cours d’exploitation. Les incendiaires se sont introduits après avoir découpé le grillage de l’enceinte extérieure de la caserne Hoffner, dissimulés des regards par un petit camion garé sur le trottoir. Les bâtiments ciblés étaient à environ 70 mètres et l’incendie a démarré à 3h30 du matin. Deux départs de feu ont été repérés par les enquêteurs.

Les scellés de l’affaire Maëlys en lieu sûr

Quelque 70 pompiers mobilisés ont maîtrisé le feu vers 6h15. Seuls ces bâtiments, à l’écart des immeubles d’habitation (des gendarmes et de leurs familles ou du voisinage immédiat), ont été atteints. Malgré l’impossibilité de pénétrer dans les “2.000 m2 de locaux techniques“, réduits à l’état de décombres fumants, l’ampleur des dégât était évidente.

(Photo/Gendarmerie nationale).

Il a surtout été question dans un premier temps des véhicules mis hors d’usage: “au minimum 30 véhicules de la gendarmerie mobile et quelques véhicules de l’état-major du groupement“.

Mais “la gendarmerie au niveau régional peut fournir sans problème l’ensemble des moyens nécessaires pour que la capacité opérationnelle ne soit pas impactée“, a assuré la gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes.

Mais plus grave, “la cellule d’investigation criminelle est complètement détruite avec tous les scellés en cours de traitement“, a-t-on appris de source proche de l’enquête. “Tout est parti en fumée“, a soupiré une autre source.

 

Cela serait du +dégât collatéral+ car ils semblaient viser les véhicules des gendarmes mobiles et il aurait fallu savoir que le laboratoire était là“, a estimé M. Coquillat, déplorant cette “perte d’éléments de preuve” dans des dossiers en cours.

Les laboratoires des enquêtes criminelles étaient en effet abrités dans ces locaux lambda, jouxtant la partie garage du bâtiment. Toutefois, les scellés de l’enquête sur la disparition de la petite Maëlys ne sont pas concernés.

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, “consterné et indigné” par cet “acte particulièrement grave“, a assuré que “toutes les dispositions étaient prises pour que les véhicules et le matériel soit remplacés sans délai” et “que les unités touchées par ces destructions soient en mesure de remplir leur mission“.

Un gendarme a été légèrement intoxiqué en tentant d’intervenir mais son état n’inspirait pas d’inquiétude. Il a été placé sous surveillance au CHU de Grenoble.

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