mercredi 22 novembre 2017
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Photo satellite de l'ouragan Irma. DR
Photo satellite de l'ouragan Irma. DR

Comment la Gendarmerie renforce son action après le passage d’Irma

Une centaine de blessés à évacuer, des scènes de pillage, ou encore d’importants dégâts matériels : les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin commencent tout juste à panser leurs plaies après le passage, ce mercredi 6 septembre, de l’ouragan Irma. Alors qu’il est accusé par l’opposition, de Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) à Eric Ciotti (Les Républicains) en passant par Marine Le Pen (Front national) d’avoir mal anticipé la catastrophe météorologique, le gouvernement revoit à la hausse les effectifs dédiés à cette crise. En tout, les 1.100 pompiers, gendarmes et policiers vont être renforcés par 600 militaires, gendarmes et policiers. Et ce soir, Emmanuel Macron, le président de la République, accompagné de plusieurs ministres, se rendra sur place pour constater les dégâts.

Richard Lizurey, le directeur général de la Gendarmerie nationale, sera présent au cours de ce voyage présidentiel de crise. L’Institution est en effet au cœur du dispositif de sécurité déployé par les pouvoirs publics. Elle met les bouchées doubles. Les 410 gendarmes déjà sur place représentent une large palette des métiers maîtrisés en interne : maintien de l’ordre, police judiciaire, police technique et scientifique, transmissions, plongeurs, gestion de crise, logisticiens, soutien à la projection opérationnelle ou encore santé.

Irma : renforts de gendarmerie dans les Antilles

Des renforts

Ces personnels sont en train d’être renforcés par 240 gendarmes mobiles et 50 hommes du GIGN. Ils sont issus des escadrons de gendarmerie mobile de Dreux, de Noyon, de Mont-de-Marsan et des antennes GIGN de Guadeloupe, Guyane et Martinique. Des personnels de la cellule drone du commandement des forces aériennes de la Gendarmerie sont également attendus, tandis que côté matériel, quatre véhicules blindés ont été débarqués dimanche à Saint-Martin et deux hélicoptères mis à disposition. Demain, mardi, le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre appareillera de Toulon, avec notamment à son bord des véhicules de la Gendarmerie, des camions et des 4×4.

Quinze hommes du GIPN (Police nationale) de Guadeloupe et 380 militaires sont également attendus. Trois compagnies sont en cours de déploiement à Saint-Martin – 100 militaires du 33e régiment d’infanterie de marine (Martinique), 150 du 3e régiment d’infanterie étrangère (Légion étrangère, Guyane), et 165 du 3e régiment parachutistes d’infanterie de marine (Carcassonne). « Ces militaires, en lien avec les forces de sécurité intérieure, auront pour mission de patrouiller et de participer à la sécurisation des sites sensibles, des convois logistiques et bien sûr des populations face aux éventuelles exactions ou tentatives de pillage », précise la ministre des Armées, Florence Parly.

Scènes de pillage

Car ces derniers jours, les témoignages rapportés des îles ont fait état de nombreuses scènes de violence après la catastrophe. « La Gendarmerie a su réagir au plus vite en déployant immédiatement les moyens disponibles, signale l’Institution. A Saint-Martin, par exemple, des patrouilles pédestres de la gendarmerie ont été engagées par exemple pour éviter des pillages dans le quartier Orléans. L’Institution s’est en fait rapidement adaptée pour mettre en place une « sécurité de proximité ». Elle a quadrillé l’île de Saint-Martin en dix grandes zones, mis en place des patrouilles mobiles et des points de contrôle fixes.

Les habitants « nous ont parfaitement identifiés », souligne le général Jean-Marc Descoux, commandant la gendarmerie de la Guadeloupe et des Îles du Nord lors d’une conférence de presse diffusée dans la matinée du lundi 11 septembre. Les personnes en difficulté « viennent nous signaler des pillages, des tentatives, des menaces, précise-t-il. Notre dispositif est très réactif : nous arrivons à porter une réponse dans les cinq minutes pour tout trouble à l’ordre public. C’est pour cela qu’il n’y a pas eu de trouble grave » lors des dernières 48 heures.

Pour le moment, la Gendarmerie, assistée pour l’occasion de quatre magistrats présents sur l’île, a interpellé en tout vingt-trois personnes depuis le 6 septembre, dont onze pour la seule journée du 7 septembre, au lendemain du passage de l’ouragan. Il leur est reproché d’avoir commis des actes de pillage, profitant de la confusion et du chaos, qui sont à distinguer des vols de nécessité commis par des victimes de l’ouragan, parfois sans vivres une fois le calme revenu. Pour ces dernières, « nous demandons la restitution des denrées et il n’y a pas de procédure à suivre », a ainsi expliqué Karine Lejeune, la porte-parole de la Gendarmerie, sur BFM-TV.

 

L’insécurité et le chaos après la catastrophe ont enfin entraîné son flot de rumeurs. Tirs contre des gendarmes, caserne attaquée, évasion en masse de détenus dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, ou encore attaque d’une armurerie de la Police de l’air et des frontières : autant de prétendus faits rapportés qui sont aujourd’hui démentis. Le bilan de l’ouragan Irma reste cependant très lourd. Quatre décès, vingt-trois blessés, et de nombreux dégâts matériels – 60% des maisons de Saint-Martin sont déclarées inhabitables – sont à déplorer. D’ores et déjà les appels à la solidarité se multiplient. Et ce jusqu’aux rangs même de la Gendarmerie. Le commandement des réserves a lancé un appel aux réservistes volontaires pour seconder l’Arme pendant les mois qui viennent.

Gabriel THIERRY.

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