mercredi 24 janvier 2018
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Paris, le 16 février 2017, cérémonie aux Invalides à Paris en hommage aux gendarmes décédés en service (MG/L'Essor)

Une Gendarmerie rajeunie et féminisée mais moins sélective (infographie)

La Gendarmerie rajeunit et se féminise, mais la sélectivité du concours de sous-officier diminue! Ce sont les enseignements que l’on peut tirer de la lecture de la Revue annuelle de la fonction militaire publiée par le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), à consulter au bas de cet article.

L’âge moyen diminue

Le rajeunissement touche tous les militaires et il est lié aux décisions prises après les attentats de 2015 qui ont “mis un terme à près de 50 ans de diminution continue des effectifs” militaires du ministère des Armées et de la direction générale de la Gendarmerie nationale. Véritable “rupture” pour le HCECM, cette hausse importante du recrutement avait fait  baisser les moyennes d’âge des militaires, “pour la première fois depuis 2011”.

Si l’âge des militaires des armées et services passe à 33,2 ans en 2016 contre 33,4 en 2015, ce mouvement est encore plus marqué chez les gendarmes, âgés en moyenne de de 36,1 ans en 2016 contre 37,1 en 2015. L’ancienneté moyenne est également concernée par ce mouvement. Elle est ainsi passée en Gendarmerie de 15,8 ans en 2015 à 15,3 ans en 2016 (11,6 ans en 2016 contre 12,5 ans en 2015 dans les armées et services).

La féminisation se poursuit

Le Haut comité a constaté la poursuite de la hausse du taux de féminisation dans la Gendarmerie, qui s’établit autour de 17,5% en 2016. “Depuis 2000, le taux de féminisation de la Gendarmerie connaît une augmentation constante (+ 11,9 points en 16 ans)”, écrit le HCECM.  Dans les forces armées ce taux s’est stabilisé à 15,9 % en 2016, un taux identique à 2015. Il est très variable selon les armées, passant de 10 % dans l’armée de Terre à 58,5 % au Service de santé des armées, en passant par la Marine (14%) ou l’armée de l’Air (22%).

Baisse de la sélectivité

Enfin, s’il juge que la sélectivité au recrutement est “dans l’ensemble satisfaisante”, le HCECM souligne qu’elle s’est “érodée pour les sous-officiers de gendarmerie et les militaires du rang, sans atteindre toutefois les seuils historiquement bas du début des années 2000” .

Il s’agit là aussi d’une conséquence de l’augmentation des recrutements de 2016. “Entre 2014 et 2016, le recrutement a ainsi progressé de 89 % dans l’armée de Terre, 29 % dans la Marine, 78 % dans l’armée de l’Air et 60 % dans la Gendarmerie”, rappelle le HCECM. Le haut comité souligne que si le nombre de candidats  a augmenté en 2016, les proportions ont été moins importantes que celui des besoins de recrutement.

“La sélectivité (le rapport entre le nombre de candidats qui ont composé et le nombre d’admis) a, en conséquence, fléchi sans toutefois atteindre les seuils bas du début des années 2000”.

La sélectivité est ainsi passée à 4,8 pour les sous-officiers de Gendarmerie contre 6,9 en 2015. Pour les emplois d’officiers la sélectivité reste élevée (18,2 candidats pour un emploi en 2016 contre 17,3 en 2015).

Matthieu Guyot

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