lundi 21 août 2017
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Fuites à la PJ parisienne et affaire Jo Masanet : instruction terminée

(Photo d’illustration S.D/L’Essor).

L’instruction de l’affaire au centre de laquelle se trouve une figure du syndicalisme policier, Jo Masanet, et qui avait entraîné le limogeage, début 2015, du “patron” de la police judiciaire parisienne,  Bernard Petit est terminée.

Parmi l’improbable casting des 19 personnes mises en examen figurent notamment l’ex-colonel de Gendarmerie fondateur du GIGN et  préfet en retraite Christian Prouteau, mais aussi Christophe Rocancourt, l’escroc des stars et l’ancien ministre Kofi Yamgnane.

Les juges d’instruction ont en effet  terminé leurs dans l’enquête sur les fuites à la PJ parisienne, qui avaient provoqué un séisme au sein de l’institution.

“Les magistrats ont notifié le 3 juillet aux parties la fin de leur enquête au cours de laquelle 19 personnes ont été mises en examen”, a précisé une de ces sources.
Au centre de l’affaire, une figure du syndicalisme policier, Jo Masanet. Il est soupçonné d’avoir monnayé ses interventions en profitant de l’influence qui lui était prêtée dans les hautes sphères de l’administration, ainsi que de malversations dans la gestion de l’Anas, l’association qui gère les oeuvres
sociales de la police.
Il est notamment mis en cause pour avoir détourné près de 300.000 euros des caisses de l’Anas via des surfacturations et près de 60.000 euros de frais de bouches indus, selon une source proche du dossier.
Son ancien subordonné à l’Anas, Philippe Lemaître, a décrit aux enquêteurs un système où Jo Masanet recevait des demandes d’annulations de contraventions, de restitutions de points, ou encore d’interventions sur un contrôle fiscal ou dans des dossiers de naturalisation et d’autorisation de
séjour. Il “se faisait payer pour ses interventions”, avait assuré Philippe Lemaître, affirmant avoir “assisté à des remises d’enveloppes”.
Interrogé sur des mouvements de fonds sur son compte, Jo Masanet avait évoqué son addiction au jeu.

L’escroc des stars, Christian Prouteau et Kofi Yamgnane

Jo Masanet est en outre suspecté d’avoir tenté d’user de son influence supposée pour permettre à Christian Prouteau, – fondateur du GIGN- d’obtenir des informations couvertes par le secret de l’instruction avant son placement en garde à vue.

Ces informations concernaient une affaire de corruption impliquant “l’escroc des stars” Christophe Rocancourt, soupçonné d’avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des sans-papiers avec l’aide de Christian Prouteau et de l’ancien secrétaire d’Etat (PS) Kofi Yamgnane.
Ces fuites ont valu à l’éphémère patron de la PJ parisienne, Bernard Petit,et à son chef de cabinet, Richard Altran, d’être mis en examen en février 2015
et suspendus de leur fonction par le ministre de l’Intérieur.
Devant les enquêteurs, Philippe Lemaître a assuré avoir rencontré, à la demande de Jo Masanet, Bernard Petit qui lui aurait indiqué que Christian Prouteau allait être placé en garde à vue.
Confronté à Philippe Lemaître en mai 2016, Bernard Petit s’est inscrit “en faux” contre ces allégations, assurant n’avoir jamais communiqué une telle information et estimant que M. Lemaître était animé par “un sentiment de rancune et d’amertume” à son égard, d’après la source proche du dossier.
Parmi les 19 personnes mises en examen, outre MM. Petit et Altran, Jo Masanet, Philippe Lemaître, Christophe Rocancourt, l’un des avocats de ce dernier Marcel Ceccaldi, Christian Prouteau et Kofi Yamgnane sont également poursuivis dans ce vaste dossier judiciaire.
Le fils de Jo Masanet, Julien, gestionnaire d’un centre de l’Anas, est également mis en examen. En cause, 133 chèques, pour un montant de 66.000 euros, émis entre 2010 et 2015 par des prestataires de service et encaissés sur un compte de Julien Masanet.
La clôture de l’enquête ouvre un délai durant lequel les parties peuvent faire de nouvelles demandes d’actes, avant les réquisitions du parquet et la décision finale des juges d’instruction sur un éventuel procès.
Avec AFP

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