mercredi 24 janvier 2018
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Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Photo d'illustration/ L'Essor).
Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Photo d'illustration/ L'Essor).

Les espions du renseignement intérieur protégés par des gendarmes

A la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les gendarmes sont presque chez eux. Depuis les attentats de novembre 2015, des gendarmes mobiles assurent en effet la garde extérieure des locaux de la DGSI à Asnières-sur-Seine et à Levallois-Perret. Une mission qui occupe, selon les sources, entre un et deux pelotons de gendarmes mobiles par jour (soit entre vingt et quarante gendarmes).

C’est trop pour le Conseil de la fonction militaire de la Gendarmerie. Dans son rapport pour avis sur la mission Sécurités, daté du 12 octobre 2017, le député Jean-Michel Fauvergue (LREM, Seine-et-Marne) rapporte la « surprise » du CFMG, qui a listé les tâches indues affectées à l’Institution. Cette garde est en effet confiée à des gendarmes « alors que la sécurité de ces bâtiments est déjà assurée par un dispositif de la Police nationale ».

Contactée par L’Essor, la Préfecture de Police de Paris déclare ignorer l’existence de cette mission de protection de deux sites situés pourtant dans sa zone de compétence. Pas étonnant si la demande de protection émane directement de la très discrète, espions oblige, DGSI. « Chaque force mobile a son lot de missions indues », philosophe-t-on dans les rangs de la Gendarmerie.

Une situation avec un arrière-goût d’amertume pour les gendarmes. L’Institution, écartée du renseignement, ne compte en tout et pour tout qu’un seul militaire, un officier, présent au titre du renseignement territorial, dans toute la DGSI ! Avec cette fonction de protection, les gendarmes reviennent en nombre, mais par la petite porte…

Lire aussi: Un policier de la DGSI bientôt à la Direction générale de la Gendarmerie

Gabriel THIERRY

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