vendredi 20 octobre 2017
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Edito du numéro 510 : Oui à l’externalisation des voitures-radar

La privatisation de la conduite des quelque 400 voitures banalisées embarquant des radars de contrôle de vitesse est une bonne idée. Elle va libérer plusieurs centaines de gendarmes et de policiers d’une tâche qui sera confiée à des personnels civils.

Les gendarmes pourront être utilement redéployés sur d’autres missions de sécurité routière (conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants). Sans oublier la surveillance des flux routiers, mission indispensable dans la lutte contre le terrorisme et les trafics de drogues.

L’enquête sur les attentats de Catalogne, a révélé que les terroristes avaient traversé la France auparavant. Chaque nuit, un convoi chargé de plusieurs centaines de kilos de cannabis remonte à grande vitesse de l’Espagne vers les villes françaises.

Cette privatisation – à l’essai, dans un premier temps, en Normandie – va également permettre une utilisation plus rationnelle des radars dits « mobiles-mobiles », un matériel coûteux, jusque-là mis en œuvre moins d’une heure par jour par manque de disponibilité des gendarmes et des policiers.

Un véhicule équipé de ces radars nouvelle génération revient à plus de 40 000 euros. Ces voitures-radar permettent de contrôler sans flash, et de jour comme de nuit, la vitesse des véhicules croisés ou dépassant. Elles représentent actuellement 10 % de l’ensemble des quelque 4 000 radars automatiques (radars fixes, radars feux rouges, radars passages à niveau, radars chantiers,
radars tronçons…).

Les détracteurs de ces contrôles automatisés dénoncent à l’envi, depuis des années, le « racket » réalisé par ces radars qui, en 2016, ont fait rentrer 920 millions d’euros dans les caisses de l’Etat.

Mis en place à partir de 2003, les contrôles automatisés ont aussi, avec d’autres mesures, fait passer le nombre de tués sur les routes de 5 300 en 2005 à 3 400 en 2015.

Sans pour cela qu’il ait été nécessaire de poster un gendarme derrière chaque radar.

Pierre-Marie Giraud, rédacteur en chef

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