mardi 23 mai 2017
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Edito du numéro 504 : Le service national obligatoire, une fausse bonne idée

L’instauration d’un service national obligatoire d’une durée d’un mois pour tous les jeunes Français, annoncée le 18 mars par Emmanuel Macron, est une fausse bonne idée. Elle pèserait lourdement sur l’activité des trois armées et la Gendarmerie.

Macron a précisé que les 600  000 garçons et filles concernés – l’équivalent d’une classe d’âge – seraient encadrés par des militaires et des gendarmes.

Le fonctionnement de ce service national d’un mois, d’un coût évalué par Emmanuel Macron à 2 ou 3 milliards d’euros, nécessiterait aussi quelque 15  000 postes d’encadrement.

Le candidat d’En Marche a bien promis que le budget de fonctionnement (gestion, infrastructures à recréer, logements, transports…) ne serait pas ponctionné sur celui de la Défense. Pour autant, on voit mal comment les armées – et surtout celle de Terre, qui supporterait la moitié du fardeau – et la Gendarmerie pourraient dégager ces 15  000 personnels d’encadrement.

La mission Sentinelle mobilise au moins 7 000 soldats,  obérant la capacité opérationnelle des armées engagées pour lutter contre Daech en Afrique et au Proche-Orient. La Gendarmerie fait actuellement passer la directive européenne sur le temps de travail dans son organisation, dégradant du même coup sa capacité opérationnelle.

Le rétablissement d’un service national obligatoire – même limité à un mois – risque fort d’aboutir à la mise en place d’une «  usine à gaz  ». Au détriment de la sécurité quotidienne des Français.

Pierre Marie Giraud