samedi 21 octobre 2017
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Un drone Harfang. Crédit photo: Airbus Defense and Space
Un drone Harfang. Crédit photo: Airbus Defense and Space

Info “l’Essor”: les drones militaires intéressent la Gendarmerie

Changement de braquet en vue pour les drones dans la sécurité intérieure ? La Gendarmerie nationale s’intéresse aux capacités des drones militaires de type Male (Moyenne altitude longue endurance). C’est ce qu’affirme un rapport sénatorial de Cédric Perrin (LR), Gilbert Roger (PS), Jean-Marie Bockel (UDI) et Raymond Vall (RDSE), publié ce lundi 29 mai. Ce document, écrit au nom de la commission de la défense du Sénat, porte principalement sur l’emploi des drones dans les forces armées. Il souligne également un intérêt accru des forces de sécurité intérieure pour les drones de type Male.

« Certains experts entendus estiment que les forces de sécurité intérieures ne sont pas encore bien informées de ces usages possibles des drones Male dont elles pourraient pourtant bénéficier, même si, selon les informations recueillies par vos rapporteurs, la Gendarmerie nationale se montre bel et bien intéressée par la possibilité de bénéficier des capacités des drones militaires », écrivent les sénateurs.

Des Harfang ou des Reaper

Pour le moment, les drones Male sont des oiseaux rares en France. La Direction générale de l’armement a commandé en tout quatre systèmes de type Reaper, soit douze drones. Cet appareil de 5 tonnes peut assurer « des missions d’observation de longue durée de zones éloignées, et diffuser en temps réel les données recueillies via les réseaux de conduite et commandement interarmées et interalliés ». L’armée de l’Air dispose également de quatre drones Harfang qui sont utilisés « en appui de missions de sécurité intérieure » et de formation des équipages. Ils devraient être retirés du service en 2017. Comme les Reaper, les Harfang ne sont par armés et leur autonomie est bien supérieure à celles des appareils équipant aujourd’hui la Gendarmerie. Ils peuvent voler pendant une journée entière. En comparaison, les 19 mini-drones (à 20.000 euros pièce) acquis par la Gendarmerie en 2016 ont une autonomie de 45 minutes et un rayon d’action de trois kilomètres.

La Gendarmerie nationale n’est pas la seule à s’intéresser à ces drones plus endurants. Un appareil Harfang a par exemple été employé pour la surveillance de la Fête des Lumières, à Lyon, dans le cadre d’une coopération entre la Direction générale de la Police nationale et l’Armée de l’air. « Les compétences exceptionnelles des drones Male en matière de surveillance en font d’excellents adjuvants dans certaines missions de sécurité publique », estiment les sénateurs. L’emploi de ces bijoux de technologies dans la sécurité intérieure pourrait faire des heureux au ministère de l’Intérieur, mais donnerait également du grain à moudre à ceux qui craignent une militarisation de l’équipement des forces de l’ordre.

Une évaluation du Patroller

Surveillance des trafics illicites sur les grands axes de circulation, reconnaissance d’itinéraires et protection de convois sensibles, lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane, ou encore recherche de personnes disparues… La liste des missions pouvant être confiées à ce type de drone est longue. Les sénateurs ne sont pas les premiers à estimer que leur emploi serait utile pour les forces de sécurité. En mai 2016, une mission d’inspection sur les hélicoptères dans le service public soulignait déjà l’intérêt de la Sécurité civile pour « l’utilisation du drone Harfang », par le biais d’une convention, envisagée, avec l’armée de l’Air. De même, ce rapport signalait une évaluation, par la Gendarmerie nationale, du drone tactique Patroller au rayon d’action plus réduit, de 180 km à 500 km, qui va être livré à l’armée de Terre à partir de 2018.

Avant d’utiliser ce type de drones, les forces de sécurité intérieure devront toutefois résoudre plusieurs problèmes. Il y a la question épineuse de leur insertion dans la circulation aérienne. De même, en cas d’emploi de caméras, quelle sera la réponse juridique au respect du droit à l’image et à la protection de la vie privée? Enfin, ces drones coûtent cher: la facture des Harfang, qui a sérieusement dérapée, s’est élevée au total à 440 millions d’euros pour quatre appareils! Le ministère de l’Intérieur devra soit mettre la main au portefeuille, soit être imaginatif en donnant une seconde vie à des matériels mis au rebut par la Défense pour ne pas grever ses finances.

Gabriel Thierry

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