mardi 12 décembre 2017
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Affaire Maëlys : la justice annule les premières auditions du suspect qui est réentendu

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La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble, saisie par la défense de Nordahl Lelandais dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Maëlys fin août en Isère, a annulé jeudi ses premières auditions en garde à vue, selon une source judiciaire.

L’annulation porte sur quatre procès-verbaux au début de l’affaire. Alors entendu en garde à vue par les gendarmes, le suspect n’avait pas été filmé en raison d’une erreur de procédure, alors que le code pénal l’exige en matière criminelle.

Le suspect réentendu aujourd’hui par les juges

Les enquêteurs assurent s’être “préparés” de longue date à cette probable annulation et ne pas attacher trop d’importance à ces premières déclarations qui faisaient surtout apparaître, selon eux, les “contradictions” de celui qui a toujours nié être impliqué dans la disparition de la fillette.

Une extension de l’annulation à la seconde garde à vue – celle qui a débouché sur sa mise en examen pour enlèvement après la découverte d’une trace ADN de la fillette dans sa voiture – serait autrement plus déstabilisante. Mais la chambre de l’instruction ne devrait pas aller jusque-là et les juges chargés du dossier – deux femmes et un homme – devraient pouvoir ré-interroger Nordahl Lelandais, qu’ils n’ont pas revu depuis son incarcération le 3 septembre.

Le suspect sera cette fois accompagné par un ténor du barreau, Me Alain Jakubowicz, qui a repris sa défense fin septembre et s’est abstenu depuis de s’exprimer dans les médias.



 “L’enquête avance”


Fin octobre, l’avocat avait obtenu le report de l’audition de son client, faute d’avoir eu toutes les pièces du dossier. Il avait ensuite porté plainte pour violation du secret de l’instruction, en raison de multiples fuites dans la presse, et déposé une requête en nullité après avoir découvert la bourde commise au démarrage de l’enquête.

La salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin où la fillette a disparu dans la nuit du 26 au 27 août. Photo d’illustration (A.V/L’Essor).

L’offensive passée, les magistrats devraient interroger longuement Nordahl Lelandais car “l’enquête a avancé même si cela ne dit pas où est l’enfant“, estime une source proche du dossier.

Au cœur des investigations figure un enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance à Pont-de-Beauvoisin, la nuit de la disparition.

Des images  considérées comme non probantes dans un premier temps mais dont une expertise poussée a permis d’identifier le mis en cause au volant de sa voiture, avec sur le siège passager une “forme banche” – la couleur de la robe que Maëlys portait ce soir-là – qui suscite des interrogations.

Dans l’ombre, dix gendarmes de la Section de recherches de Grenoble sont toujours affectés à plein temps à cette enquête.

Des recherches en forêt et dans les plans d’eau de la région se poursuivent. Si l’appel à témoins a faibli d’intensité, toutes les pistes restent explorées et rien n’est laissé de côté, selon une source proche du dossier.

Les parents de Maëlys préfèrent aussi rester discrets. Ils n’ont pris la parole qu’une seule fois, fin septembre, pour appeler le suspect à dire tout ce qu’il savait. Un lâcher de ballons a eu lieu le 5 novembre, pour les 9 ans de Maëlys.

Dimanche, trois mois après sa disparition, sa mère a posté sur Facebook un émouvant diaporama de l’enfant.

A Pontarlier (Doubs), où elle travaille comme infirmière de nuit, ses collègues de l’hôpital se cotisent en heures ou jours de travail pour faciliter son quotidien.

AFP

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