mardi 27 juin 2017
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Legion honneur
Photo d'illustration (L'Essor).

Deux résistants centenaires promus dans l’ordre de la Légion d’honneur  

Deux résistants centenaires ont été promus dimanche dans l’ordre de la Légion d’honneur Yvette Lundy, déportée pour faits de résistance, a été élevée à la dignité de grand officier et Arsène Tchakarian, dernier survivant du Groupe Manouchian, promu commandeur.

Yvette Lundy, qui fêtera samedi ses 101 ans, avait participé activement à la résistance dans le village de Gionges (Marne) où elle était institutrice et secrétaire de mairie.
Elle avait hébergé des aviateurs alliés, des envoyés de Londres ou des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) tout en facilitant, grâce à ses fonctions, la fabrication de faux papiers.

Arrêtée en juillet 1944, elle est torturée par la Gestapo à Chalons-sur-Marne avant d’être déportée à Ravensbrück, puis à Buchenwald, où elle est libérée par l’Armée Rouge le 21 avril 1945.

Yvette Lundy reprend ensuite son métier d’institutrice et témoigne encore régulièrement sur l’Occupation et la Déportation.

Arsème Tchakarian, 100 ans, qui vit en banlieue parisienne, est le dernière survivant du Groupe Mamouchian après le décès en 2011 de Henry Karayan.

Né en décembre 1916, Arsène Tchakarian avait participé, dans les rangs de la CGT, aux manifestation du Front populaire. Au début de la guerre, il avait combattu dans l’Est de la France avant de rejoindre le Groupe Manouchian (FTP-MOI) en 1942. Arsène Tchakarian avait participé à des actions militaires et à des sabotages contre les occupants allemands. Après le démantèlement du groupe Manouchian, il avait rejoint un maquis dans le Loiret.

Le Groupe Manouchian fut l’un des mouvements les plus actifs de la Résistance. A Paris, des groupes armés FTP-MOI, communistes, furent constitués dès avril 1942 et d’autres détachements formés en province. Pour toute la France, ils seront moins de 200.

En février 1943, Missak Manouchian rejoint un détachement des FTP-MOI d’une cinquantaine de Juifs roumains et hongrois et d’Arméniens qu’il commande six mois plus tard. Le Groupe Manouchian réalisa une trentaine d’opérations de sabotages ou d’exécutions de collaborateurs d’août à mi-novembre 1943.

Vingt-trois membres du groupe sont arrêtés en région parisienne en novembre 1943 par les brigades spéciales de la Préfecture de police. Torturés, ils sont livrés à la police militaire allemande, jugés et condamnés à mort par une cour martiale du tribunal allemand à Paris le 15 février 1944.

Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

Au moment du procès, les Allemands impriment et placardent à 15.000 exemplaires une affiche qui présente sur un fond rouge les photos, les noms et les actions de dix résistants du groupe avec le slogan : “Des libérateurs’ La Libération! Par l’armée du crime” et Manouchian “Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés“.

L’affiche devient vite un symbole de la Résistance et des mains anonymes écrivent sur l’affiche “Morts pour la France“.

Onze ans après, Aragon écrit un poème sur l’Affiche rouge, mis en musique et chanté quelques années plus tard par Léo Ferré.

PMG

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