vendredi 22 septembre 2017
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Au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).
Au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) à Saint-Astier en Dordogne. Photo d'illustration M.G/L'Essor).

Attentats en Corse : les casernes d’Ajaccio et de Bastia attaquées à la roquette

Deux des plus grosses casernes de gendarmerie de Corse ont été jeudi soir les cibles de tirs de roquettes qui n’ont pas fait de victime, une semaine après la mise en examen de cinq nationalistes soupçonnés de participation en 2012 à des “nuits bleues” contre des résidences secondaires revendiquées par le FLNC.

Deux roquettes ont été tirées peu avant 20H00 contre un véhicule de gendarmerie garé à l’intérieur de la caserne Battesti, près du centre d’Ajaccio et sur la façade de celle de Montesoro, dans le sud de Bastia. Bâtiment fortifié et ultra-protégé ceint de hauts murs ocres, le quartier Battesti à Ajaccio est le siège de la région de Gendarmerie en Corse et abrite notamment l’état-major. A Bastia, une roquette à charge inerte a été tirée depuis un véhicule sur la façade de la caserne Montesoro, siège du groupement de Haute-Corse.

La Gendarmerie a indiqué que ces attaques, qui n’ont pas été revendiquées, n’ont provoqué que des dégâts matériels: “vitres, fenêtres et impacts sur un mur intérieur à Bastia, véhicule de service et vitres à Ajaccio”. D’importantes mesures de sécurité ont été prises autour des installations militaires où se sont rendus les préfets et les procureurs de la République des deux villes.

“Ces actes ne détourneront en aucun cas l’Etat de son action”

Le parquet anti-terroriste de Paris s’est saisi des deux attentats avec la co-saisine de la section de recherche de la Gendarmerie, de la Police judiciaire et de la sous-direction anti-terroriste de la PJ parisienne.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a déploré “l’extrême gravité de ces actes commis contre des bâtiments publics” et assuré “les gendarmes de Corse et leurs familles de son soutien total”. “Ces actes, a-t-il ajouté, ne détourneront en aucun cas l’État de son action constante dans la lutte contre toutes les formes de criminalité et de délinquance.”

Toutes les installations de Gendarmerie en Corse, qui abritent les militaire et leurs familles, sont particulièrement protégées et surveillés par d’importants réseaux de caméras. La Gendarmerie dispose notamment d’un effectif conséquent avec 1200 personnels pour une population de 306.000 habitants.

Des arrestations dans le milieu nationaliste

Ces attentats ont été commis une dizaine de jours après une vague d’arrestations de sympathisants nationalistes, en Corse-du-Sud, par des gendarmes dans le cadre d’enquêtes sur des attentats contre des résidences secondaires en 2012 revendiqués par le Front de libération nationale de la Corse.

Cinq des hommes arrêtés la semaine dernière ont été écroués. Durant leur garde à vue, ils ont nié les faits qui leur sont reprochés et  reconnu seulement être des sympathisants nationalistes. Ils ont été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, destruction de biens immobiliers, fabrication, transport et détention d’explosifs, acquisition, détention, port et transport d’armes.

Cette opération, dans laquelle avaient été engagés 140 gendarmes, avait été conduite sous la direction du juge anti-terroriste parisien Gilbert Thiel qui avait passé plusieurs jours à Ajaccio, et avait été dénoncé par les partis nationalistes insulaires.

Alors que les autorités ont insisté sur l’indépendance de la justice, ces partis ont dénoncé cette semaine l’organisation de cette opération, quelques jours après une réunion à Paris avec Manuel Valls des élus corses, dont des nationalistes, consacrée au processus d’évolution politique dans l’île.

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