dimanche 19 novembre 2017
Accueil / A la une / Détenu tué pendant un transfert : non-lieu confirmé pour le gendarme
Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo Matthieu GUYOT/Essor)

Détenu tué pendant un transfert : non-lieu confirmé pour le gendarme

La cour d’appel de Colmar a confirmé jeudi le non-lieu dans l’affaire d’Hocine Bouras, un détenu de 23 ans tué par balle par un gendarme lors d’un transfert en Alsace en août 2014, a-t-on appris auprès de l’avocat du militaire. Me Thierry Moser s’est dit “très satisfait” de cette décision, conforme aux réquisitions du parquet et à la décision des juges en première instance qui avaient estimé qu’il s’agissait de “légitime défense”.

Son client faisait partie de l’escorte chargée d’amener Hocine Bouras de la maison d’arrêt de Strasbourg au bureau du juge d’instruction à Colmar pour qu’il soit entendu dans une affaire de vols à main armée. Selon une collègue présente dans la fourgonnette et témoin au procès, le jeune homme, menotté, avait tenté de lui prendre son arme de service alors qu’elle était assise à côté de lui.

Le gendarme s’était alors retrouvé en position de légitime défense. Impossible, selon la défense, selon qui la reconstitution a mis en lumière le fait que Hocine Bouras n’avait pas la possibilité de prendre l’arme au moment où le gendarme est intervenu. Me Renaud Bettcher entend d’ailleurs se pourvoir en cassation, a-t-il dit.

“Encore une fois c’est justice, police, même combat”, a ajouté l’avocat qui a déposé deux plaintes: une contre la témoin pour “destruction de preuves, son téléphone portable ayant été réinitialisé entièrement la veille de son audition par son collègue de la gendarmerie”. Et une pour faux en écriture publique.

Selon lui, “les gendarmes ont bien trouvé le conducteur de la voiture qui dépassait le fourgon [au moment des faits]. Ils n’ont pas procédé à son audition et ont fait constater qu’il y avait eu de vaines recherches”.

Le collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras a réagi sur Facebook, estimant qu’avec cette décision “la justice appuie plus fort sur la gâchette, et confirme le permis de tuer pour les policiers et gendarmes… On y reconnaît bien la justice raciste, abonnée aux non-lieux, aux acquittements pour les agents de police/gendarmerie meurtriers”.

A voir également

Une étoile de plus pour cinq généraux de division

Cinq généraux de division auront bientôt une étoile de plus. En effet, le Conseil des …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *