dimanche 19 novembre 2017
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Palais de justice
Photo d'illustration (Matthieu Guyot L'Essor).

Détenu tué par un gendarme en Alsace : l’avocat de la famille conteste la légitime défense

L’avocat de la famille d’un détenu tué par un gendarme qui l’escortait en août 2014 en Alsace a contesté mercredi le réquisitoire de non-lieu du parquet de Colmar, estimant que la thèse de la légitime défense ne tenait pas.

“La reconstitution des faits a permis de démontrer qu’il n’y avait pas de danger de mort”, a précisé Me Renaud Bettcher. Dans un courrier au juge d’instruction chargé de l’enquête, ainsi qu’à Me Eric Dupont-Moretti, associé à l’avocat de la partie civile et au défenseur des droits Jacques Toubon, Me Bettcher dénonce “l’étrange mais bienveillante orientation” donnée à l’instruction de l’affaire en faveur du gendarme en cause, qui avait été rapidement placé sous statut de témoin assisté.

Le réquisitoire de non-lieu à l’encontre du gendarme “ne fait que confirmer ce que nous savions tous depuis le premier jour, à savoir que les dés étaient certes déjà jetés mais surtout pipés”, accuse l’avocat de la famille d’Hocine Bouras.

Le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, avait estimé fin novembre qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre le gendarme car il se trouvait en situation de légitime défense au bénéfice d’une collègue, violemment agressée par Hocine Bouras.

Le gendarme faisait partie de l’escorte chargée d’amener le détenu, âgé de 23 ans, de la maison d’arrêt de Strasbourg au bureau du juge d’instruction à Colmar, pour qu’il soit entendu dans une affaire de vols à main armée. Or la reconstitution a “mis en lumière les incohérences et l’impossibilité de la version livrée conjointement” par le gendarme et sa collègue, assure Me Bettcher dans son courrier.

Celle-ci avait notamment affirmé que le détenu avait tenté de lui prendre son arme de service alors qu’elle était assise à côté de lui et qu’il était menotté. L’avocat du gendarme, Me Thierry Moser, avait espéré que les réquisitions de non-lieu allaient permettre de “mettre fin définitivement aux rumeurs tout à fait infondées” concernant le comportement du gendarme.

Renaud Bettcher a rappelé qu’il ferait appel si le juge suivait le parquet.

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