lundi 20 novembre 2017
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Les généraux de Villiers et Lizurey
Le 3 avril 2017, le général Pierre de Villiers avait reçu le général Lizurey ( Photo Ministère de la défense)

Démissionnaire, le général de Villiers (Cema) est remplacé par le général Lecointre (actualisé)

(Article mis à jour le 19 juillet à 14h25 avec l’annonce de la nomination de François Lecointre).

Le chef d’état-major des armées (Cema) Pierre de Villiers a annoncé mercredi avoir présenté sa démission au président Emmanuel Macron « qui l’a acceptée ». Il a été remplacé dans la foulée par le général François Lecointre, 55 ans, chef du cabinet militaire du Premier ministre. C’est la première fois, dans l’histoire de la Ve République, qu’un chef d’état-major des armées démissionne de ses fonctions.

Ce départ constitue également la première crise importante de l’ère Macron. Le général de Villiers a expliqué, dans ce communiqué, qu’il considère « ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel (il) croit pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays » et avoir « pris ses responsabilités » en présentant sa démission au président, qui l’a récemment vivement recadré après ses critiques sur le budget de l’armée.

Un marsouin lui succède

Issu de l’Armée  de terre, et plus particulièrement de l’arme blindée cavalerie, le général de Villiers qui aura 61 ans le 25 juillet, venait d’être prolongé d’un an au delà de la limite d’âge dans son grade. Il avait été nommé Cema en février 2014. Son successeur, un terrien également, le général François Lecointre est un « marsouin » (troupes de marine). Alors capitaine, il s’était illustré en mai 1995 à Sarajevo, en menant l’assaut pour la reprise du pont de Verbania pris par les Serbes.

Emmanuel Macron (DR)

La démission du général de Villiers intervient après plusieurs sévères rappels à l’ordre du président Emmanuel Macron. A l’origine de la colère présidentielle, les critiques formulées par le général sur les 850 millions d’euros d’économies réclamés cette année aux armées, dans un contexte de tour de de vis budgétaire global, avec une baisse prévue de 4,5 milliards d’euros des dépenses de l’État en 2017.

Le président Macron avait sèchement recadré le général de Villiers la veille du défilé militaire du 14 juillet devant un parterre militaire interloqué, lors d’une réception au ministère de la Défense. Il avait alors reproché à son chef d’état-major, sans le nommer, d’avoir mis de façon « indigne» une polémique budgétaire « sur la place publique ». Avant d’en remettre une couche dimanche. « Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », a-t-il dit dans une interview au JDD.

Audition à huis clos à l’Assemblée

Courtois mais brut de décoffrage, apprécié de ses hommes, Pierre de Villiers, 60 ans, avait utilisé des mots très crus, en s’exprimant début juillet à huis clos devant des députés à l’Assemblée nationale. Il avait alors lâché qu’il n’allait pas se « laisser baiser » et que la situation des armées françaises n’était « pas tenable ».

Depuis son arrivée à la tête des armées en février 2014, il se plaignait régulièrement de l’insuffisance des moyens alloués aux militaires à l’heure où la France est engagée sur plusieurs fronts contre le jihadisme et la menace terroriste : Sahel (opération Barkhane, 4.000 hommes), Moyen-Orient (mission Chammal, 1.200), Hexagone (opération Sentinelle, 7.000).

Pour les militaires, l’arbitrage budgétaire annoncé la semaine passée est d’autant plus amer que le président Macron, élu le 7 mai, avait multiplié les signaux favorables en leur direction depuis son arrivée au pouvoir. Remontée des Champs-Élysées à bord d’un command car puis visite à des blessés de guerre le jour de son investiture, déplacement sur la base militaire française de Gao (Mali), hélitreuillage à bord d’un sous-marin nucléaire de la dissuasion nucléaire.

Le chef de l’État, constitutionnellement chef des armées, s’est engagé durant la campagne présidentielle à consacrer 2 % du PIB à l’effort de défense d’ici à 2025. Emmanuel Macron a aussi promis d’augmenter le budget défense en 2018, à 34,2 milliards d’euros (32,7 milliards en 2017). A gauche comme à droite, de nombreux politiques ont rendu hommage mercredi à Pierre de Villiers tout en critiquant le recadrage présidentiel qui l’a poussé vers la sortie.

Pierre-Marie GIRAUD (avec AFP)

 

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