lundi 20 novembre 2017
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Décès du Compagnon de la Libération Alain Gayet

 

 

Alain Gayet
Alain Gayet. Crédit photo : @Ordre de la Libération

Le Compagnon de la Libération Alain Gayet, ancien lieutenant dans la 2ème DB, est décédé le jeudi 20 avril à Boulogne (Hauts-de-Seine) à l’âge de 94 ans, a annoncé l’Ordre de la Libération.

Alain Gayet était le benjamin des douze Compagnons de la Libération encore en vie sur un total de 1.038, nommés dans cet ordre prestigieux créé en novembre 1940 par le chef de la France Libre le général Charles de Gaulle. Il ne reste donc plus que onze Compagnons en vie, tous âgés de 95 à 102 ans.

En septembre 2016, Fred Moore, ancien chancelier de l’Ordre de la Libération et l’un de ses camarades au Régiment de marche de spahis marocains (RMSM), lui avait remis les insignes de grand officier de la Légion d’honneur.

Grand-Père de l’actrice Julie Gayet

Alain Gayet était le grand-père de l’actrice Julie Gayet.

Né le 29 novembre 1922 à Paris de parents médecins physiologistes et chercheurs, Alain Gayet fait, dans les années trente, un long séjour linguistique en Autriche où il assiste à la nazification progressive du pays.

Lycéen en 1939, il se trouve à Brest en juin 1940 lors de la débâcle de l’armée française. Au lendemain du discours radiodiffusé du maréchal Pétain du 17 juin 1940, refusant l’armistice, Alain Gayet embarque sur un chalutier à destination de Falmouth (Grande-Bretagne).

A Londres, il s’engage dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940, à l’âge de 17 ans. Affecté à la 1ère compagnie du Train, il participe à l’expédition de Dakar fin septembre 1940 avant de suivre, de janvier à juillet 1941, les cours d’élève officier au Camp Colonna d’Ornano à Brazzaville.

En septembre 1941, il rejoint à Damas, comme chef de peloton d’automitrailleuses au sein de l’escadron du capitaine Morel-Deville, les spahis marocains organisés en groupe de reconnaissance de corps d’armée (GRCA).

L’aspirant Gayet se distingue particulièrement le 24 octobre 1942 au combat d’El Himeimat (El Alamein) en Egypte. Le 6 novembre 1942, commandant le peloton de tête de l’avant-garde, il poursuit l’ennemi avec la plus grande énergie, bien que le blindé sur lequel il se trouve ait sauté sur des mines dès le début de l’action.

Cinq citations à la fin de la guerre

Au cours des opérations des 14 et 15 avril 1943, en Tunisie, dans la région de Gabès, Alain Gayet mène avec beaucoup de sang-froid et d’allant des patrouilles d’avant-garde prenant contact avec des chars ennemis et fournissant des renseignements précieux sur les mouvements de l’adversaire.

Promu sous-lieutenant en juin 1943 à l’issue de la campagne d’Afrique, il est rattrapé par son âge et envoyé passer le baccalauréat au Caire avant de retrouver les rangs du régiment de marche de spahis marocains (RMSM) et la Division Leclerc au Maroc.

En avril 1944, avec la 2ème DB, il quitte Oran pour l’Angleterre. Il débarque à Grandcamp en Normandie le 1er août 1944. Alain Gayet est engagé le 11 août en tête sur l’axe du groupement tactique Langlade (GTL) ; il progresse de plus de 15 kilomètres dans la journée, obligeant l’ennemi à se replier rapidement. Connaissant par ailleurs la présence de chars et d’armes antichars, il s’efforce de les détruire malgré l’infériorité des armes dont il dispose.

Après la libération de Paris, il poursuit le combat dans les Vosges. Le 21 novembre 1944, chargé avec son peloton d’auto mitrailleuses de reconnaître la route du carrefour Rethal au village d’Arzviller en Moselle, il tombe sur un groupe d’automoteurs ennemis embusqués dans le village de Guntzwiller. Malgré son infériorité d’armement, il engage le combat et détruit un des engins adverses. Puis, se trouvant dans une situation critique en raison de la supériorité de l’ennemi, il parvient avec sang-froid et habileté à regagner ses lignes en ramenant ses blessés et en réduisant ses pertes au minimum.

Le 15 avril 1945 sur le Front de l’Atlantique, dans la région de Royan, il mène une patrouille à pied en reconnaissance de La Breuille, Fontbedeau, Saint-Sulpice-de Royan, rapportant des renseignements précis, malgré de nombreuses mines et les tirs ennemis. Le lendemain, à la tête d’un détachement de deux pelotons de reconnaissance et d’une section portée d’infanterie, il procède avec audace et rapidité au nettoyage de la région de Mornac-sur-Seudre, faisant 60 prisonniers.

Alain Gayet termine la guerre en Allemagne avec le grade de lieutenant, chevalier de la Légion d’Honneur et titulaire de cinq citations. Il est nommé Compagnon de la Libération en novembre 1945.

Il devient chirurgien

Démobilisé, il entreprend des études de médecine et de chirurgie, devient externe puis interne des Hôpitaux, de 1945 à 1959. Chirurgien libéral et chirurgien du centre hospitalier de Charleville-Mézières de 1960 à 1968 puis chirurgien libéral à Bastia (1968-1969), le docteur Alain Gayet exerce comme chirurgien libéral et chirurgien du centre hospitalier de Dunkerque (1969 à 1977).

Il exercera ensuite comme chirurgien libéral aux Sables d’Olonne et de nouveau à Charleville-Mézières. Une fois la retraite venue, il préside l’amicale des Spahis de 1998 à 2009.

PMG

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