mercredi 24 janvier 2018
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Discours d'Edouard Philippe (Premier ministre français) après un Comite interministériel de la sécurité routière pour présenter le plan du Gouvernement en matière de sécurité routière. Hôtel de Matignon, Paris, France, le 9 Janvier 2018. (Photo/NICOLAS MESSYASZ/SIPA).

Davantage de sévérité sur les routes

La mesure était dans les tuyaux depuis plusieurs semaines : le gouvernement a annoncé l’abaissement de la vitesse maximum de 90 km/h à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens.

Une décision contestée – 59 % des Français y sont opposés selon un sondage – mais que le Premier ministre Edouard Philippe a justifié face à la hausse de la mortalité routière enregistrée ces quatre dernières années. Une remontée après des lustres de baisse continue des morts sur la route, le chiffre le plus bas atteint étant celui de 3.268 morts en 2013.

Notre obsession, c’est de sauver toujours plus de vies chaque année sur les routes“, a assuré Edouard Philippe en annonçant 18 mesures à la sortie d’un Conseil interministériel de sécurité routière (CISR) organisé à Matignon.

Ce plan intitulé “Sauvons plus de vies sur nos routes” entend faire reculer le nombre de morts sur les routes, reparti à la hausse  depuis le plus bas historique de 2013 (3.268). La France n’a plus connu de hausse aussi durable depuis 1972.

A partir du 1er juillet

Les radars automatiques et les gendarmes pourront donc  contrôler à partir du 1er juillet l’observation de la vitesse maximum de 80 km/h sur les routes concernées, c’est dire les voies à double sens sans séparateur central (terre-plein, glissière). Soit quelque 400.000 km de routes (sur un total d’un million en France). Les routes à double sens hors agglomération ont en 2016 concentré 55 % des accidents mortels (1.911 tués). Les routes à deux fois deux voies resteront  limitées à 90 km/h.

Cette mesure peut permettre de sauver chaque jour une nouvelle vie, soit entre 350 et 400 chaque année“, a souligné le Premier ministre, en précisant que le surplus de recettes engendré par les PV serait dédié “en intégralité” aux soins des accidentés.

Le gouvernement prévoit d’évaluer ses effets d’ici au “1er juillet 2020“. “Si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, le gouvernement prendra (alors) ses responsabilités“, a-t-il ajouté.

Parmi les 18 mesures prévues, figure notamment l’aggravation de la pénalisation de l’usage du téléphone au volant tenu en main. Combiné avec une autre infraction (absence de clignotant pour tourner, stop grillé …), l’usage du portable  conduira immédiatement à la “retenue” du permis par les forces de l’ordre. Là, les radars ne pourront évidemment pas contrôler ce type d’infraction et il faudra donc toute l’attention des gendarmes et des policiers pour repérer les contrevenants.

Il prévoit également d’étendre l’utilisation obligatoire d’éthylotests antidémarrage (EAD) pour les personnes prises en alcoolémie délictuelle (supérieure à 0,8 g/l) et les récidivistes.

Il entend protéger davantage les passages   piétons avec des sanctions plus lourdes pour les automobilistes qui ne respectent pas la priorité qui leurs est due.

La limitation à 80 km/h a évidemment été bien accueillie par les associations de sécurité routière,  comme la Ligue contre la violence routière, qui défendent cette mesure depuis plusieurs années.

La priorité des priorités c’est de diminuer la vitesse sur le réseau le plus dangereux de notre pays“, s’est réjouie Chantal Perrichon,la présidente de la ligue contre la violence routière.

L’impact précis de cette mesure reste toutefois à ce stade impossible à prédire, faute d’expérimentation sur une durée assez longue notamment. Le Premier ministre s’est d’ailleurs refusé d’afficher des objectifs chiffrés. Des observations réalisées sur ces tronçons-tests ont toutefois montré que la vitesse moyenne a baissé, les bouchons n’ont pas augmenté et l’accidentologie est en baisse.

La communication sera clé“, admet-on à Matignon. “Il faudra une campagne de communication massive pour expliquer que ce petit effort individuel apportera un vrai gain collectif“.

Les associations d’automobilistes et de motards contestent son efficacité.

L’abaissement de la vitesse sur ces tronçons est “une mesure politique regrettable“, soutient le président de 40 millions d’automobilistes Daniel Quéro. Il dénonce “une mesure répressive de plus” et revendique 600.000 signataires pour une pétition contre les 80 km/h.

Le Front national a annoncé qu’il lançait également une pétition et présenterait mercredi un plan de rénovation des routes.

Opposé au 80 km/h, le vice-président des Républicains, Guillaume Peltier, a plaidé pour “des solutions profondes et concrètes plutôt que des solutions marketing“, préconisant notamment “une taxation exceptionnelle des grandes sociétés d’autoroutes“.

PMG (avec AFP)

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