jeudi 30 mars 2017
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Photo d'illustration (L'Essor).

Emploi des CRS et gendarmes mobiles : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

Le recours aux forces mobiles de la police et de la gendarmerie nationales, CRS et gendarmes mobiles, est “en voie de saturation”, principalement en raison de la “dégradation du contexte sécuritaire”, avertit la Cour des comptes dans son rapport public annuel publié mercredi.

Attentats de janvier et novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, instauration de l’état d’urgence, “crise migratoire sans précédent”, démantèlement de la “jungle” de Calais, COP21 ou Euro 2016: “Le niveau d’emploi des forces mobiles a pratiquement atteint sa limite”, écrivent les magistrats financiers.

Une diversification des missions éloignées du cœur de métier

“Cette situation n’a pas entraîné de dysfonctionnements majeurs”, relève cependant la Cour des comptes, saluant le “professionnalisme de ces forces”. “En 2015, (…) seuls 2% des unités de forces mobiles étaient disponibles chaque jour pour intervenir dans les délais les plus brefs, contre 5% en 2010”, note la Cour. Pour expliquer les raisons de cette “quasi-saturation”, celle-ci pointe également la diversification de leurs missions parfois éloignées de leur cœur de métier, à savoir le maintien de l’ordre, et la diminution de leurs effectifs.

“Au sein de la force publique, les forces mobiles ont été la catégorie d’emploi la plus touchée par la réduction des effectifs entre 2010 et 2015: leur volume a globalement baissé de 7,5%”, soit le double des diminutions d’effectifs dans la force publique, souligne la Cour, qui constate un “effet de ciseaux” au regard de l’intensification de leur emploi.

Le temps de formation des gendarmes mobiles en baisse

Cette baisse des effectifs ne s’est cependant pas traduite par une diminution de la dépense publique puisque parallèlement certaines rémunérations spécifiques aux forces mobiles ont rapidement progressé, comme les heures supplémentaires. Entre 2012 et 2015, le budget consacré aux forces mobiles a ainsi augmenté de 3,3%.

Des gendarmes mobiles à l’entraînement au CNEFGM de Saint-Astier (Photo DC).

Par ailleurs, les magistrats regrettent que la situation actuelle se traduise par une baisse du temps consacré à la formation collective et à l’entraînement. Ainsi entre 2013 et 2015, le nombre moyen de jours de formation continue, par an et par escadron de gendarmerie mobile, est passé de 30 à 22.

Parmi ses préconisations, la Cour des comptes recommande de veiller à maintenir quotidiennement un seuil d’unités mobiles disponibles, le recentrage des CRS et gendarmes mobiles sur leurs missions et une plus grande rationalisation des implantations géographiques.

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