dimanche 19 novembre 2017
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Gérard Collomb favorable à un commandement unique des forces d’intervention

INFO L’ESSOR – Le GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) et le Raid (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) seront-ils regroupés prochainement sous un commandement unique ? Cette hypothèse, qualifiée il y a quelques semaines encore de « pistes de travail » prend du corps. Cette fois-ci, c’est le ministre de l’Intérieur lui même, Gérard Collomb, qui s’est prononcé pour cette solution, devant la commission élargie de l’Assemblée nationale, ce jeudi 26 octobre au soir.

« Faut-il un commandement unique d’intervention? Je crois que oui. Il faut en tout cas qu’il y ait quelqu’un qui soit responsable et qu’il n’y ait pas, au moment le plus névralgique, une espèce d’hésitation pour savoir qui a la responsabilité de l’intervention et donc je pense qu’il faudra aller vers un commandement uniques des forces d’intervention. Sous quelle forme, nous en discuterons ensemble, mais il faut qu’à un moment donné on sache effectivement qui décide. » Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur.

Un tel commandement unique, dans les tuyaux depuis plusieurs mois au ministère de l’Intérieur, serait amené à remplacer l’Unité de coordination des forces d’intervention (Ucofi), composée aujourd’hui d’une poignée d’hommes seulement, pour la transformer en unité de commandement. Un nom circule déjà dans les rangs des forces d’intervention : le commandement des opérations de la sécurité intérieure.

Lire aussi : BRI, GIGN et Raid: la piste d’un commandement des opérations spéciales

Le rapprochement à l’étude depuis plusieurs mois

La déclaration ministérielle clôt en tous cas plusieurs mois d’incertitude sur le devenir des forces d’intervention sous la présidence d’Emmanuel Macron. En mai, Gérard Collomb avait, par une petite phrase, laissé envisager un futur rapprochement de ces unités. Puis, dans sa feuille de route aux préfets, dévoilée en septembre, il avait confirmé l’existence d’une réflexion autour d’une « rationalisation des modes d’intervention des différentes forces d’intervention ».

Lire aussi : Le chaud dossier de la coordination de la BRI, du GIGN, et du Raid

Passation commandement RAID
Jean-Michel Fauvergue (à gauche) passe le commandement du Raid à son adjoint Jean-Baptiste Dulion (à droite), le 21 mars 2017. Crédit photo : J.Roios/L’Essor

Il existe cependant pour le moment un grand absent : la BRI (Brigade de recherche et d’intervention) de la Préfecture de police de Paris. Il est assez piquant de constater que le député Jean-Michel Fauvergue (LREM, Seine-et-Marne) « oublie » cette force d’intervention dans sa question au ministre de l’Intérieur. Les relations entre l’ancien patron du Raid et Christophe Molmy, le chef de la BRI, étaient, en effet, notoirement exécrables. Du reste, Jean-Michel Fauvergue, au contraire en très bon termes avec le général Hubert Bonneau, patron du GIGN, rappelle depuis plusieurs années être favorable à un commandement commun entre ces deux unités d’intervention de la Police et de la Gendarmerie nationales.

« Quant à la coordination des forces d’intervention que sont le RAID et le GIGN, certains de nos interlocuteurs ont préconisé un commandement unique, à l’image de ce qu’est, au ministère de la Défense, pour les forces spéciales, le commandement des opérations spéciales, rappelle Jean-Michel Fauvergue. J’y suis favorable. Une telle organisation solderait définitivement les conflits de compétence qui surgissent toujours aux moments les moins opportuns. Elle contribuerait aussi à mettre en cohérence les matériels et la recherche, avec, à la clef, une baisse de la dépense publique. »

La place de la Préfecture de police

Que deviendrait alors la BRI en cas de création d’un tel commandement ? « Elle pourrait être amenée à se recentrer sur son cœur de métier, la police judiciaire, tout en étant disponible pour des missions d’intervention, à l’image des antennes du GIGN ou du Raid », pronostique un membre du GIGN. Pas sûr qu’une telle marginalisation soit bien acceptée dans les rangs de la Préfecture de police de Paris.

La puissante institution, un temps dans le viseur de Jean-Jacques Urvoas, alors simple député, est, cette fois-ci, ciblée par Jean-Michel Fauvergue, qui estime que « l’intégration des directions et services spécialisés de la Préfecture de police dans les structures centrales de la direction générale de la police nationale ne peut que permettre d’importantes économies financières et humaines ». La réponse du ministre est éloquente. « La Préfecture de police de Paris accomplit un travail extraordinaire, elle est aussi très vigilante sur le respect de ses prérogatives », constate Gérard Collomb. Le ministre conclut cependant par un avertissement « Mais nous devons construire une structure pleinement adaptée au 21e siècle ».

Lire aussi : L’ex-chef du RAID solde ses comptes avec le ministère de l’Intérieur

Gabriel THIERRY avec Matthieu GUYOT.

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6 Commentaires

  1. Arrêtons les querelles de clocher… Mettons un Général à la tête de tout cela!

    • Daniel Chollet

      Je pense que le “civil” est déjà choisi.

  2. Marcaire

    Avec ce commandement unique la gendarmerie perdra de ses valeurs,je pense que la police n’est pas à la hauteur pour du personnel militaire.De plus on de parle que de la police.Pourquoi des militaires sous l’autorité de l’interieur (civil) ayant le droit de grève.Un ancien képi rouge et du secours en montagne.

  3. Je suis pour un commandement unique, il faut mutualiser nos forces, le temps l’exige pour faire face au terrorisme avec comme responsable le patron du GIGN, ce groupe d’intervention ayant été créé bien avant le RAID et le GIPN.

  4. Colin

    Cette situation est envisageable uniquement pour les forces d’intervention. Le statut devrait être particulier car nous aurions à la fois des gendarmes et des policiers recrutés en fonction de leurs capacités. Le principal problème restant à régler c’est de confier le commandement à qui ? Il est, à mon avis nécessaire de ne privilégier ni la gendarmerie ni la police, donc de mettre en place un commandement neutre.

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