lundi 11 décembre 2017
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Richard Lizurey au milieu des personnels de la brigade de Lhuis, dans l'Ain (AV/L'Essor).

Brigades de contact : le directeur général donne l’exemple de la proximité

Le DGGN a participé à une réunion avec les élus de l’Ain (AV/L’Essor).

Sur tout le territoire, la sécurité du quotidien est devenue une priorité pour les forces de police et de gendarmerie. Le général d’armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale, a décidé de donner l’exemple. Il s’est rendu, lundi, au fin fond du département de l’Ain, dans la brigade territoriale de contact de Lhuis. Une unité de six gendarmes, dont trois gendarmes adjoints volontaires ( GAV) , commandée par le maréchal des logis-chef Anthony Ménard, 37 ans.

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Accueilli dans l’Ain par le préfet, Arnaud Cochet,  et par la colonelle Florence Guillaume,  commandant le groupement, le DGGN s’est rendu dans la salle communale où il a longuement rencontré les élus du secteur, en particulier les maires, venus nombreux.

“En trois jours vos gendarmes ont réglé le problème”

Nous avons un peu perdu notre ADN de gendarmes qui est celui de la proximité. Nous devons nous affranchir des tâches indues et revenir aux fondamentaux. Nous devons resserrer nos liens avec la population” annonce le général.

“Nous devons renverser la chaussette pour être performants sur le terrain en mettant nos moyens modernes au service des traditionnelles méthodes de présence qui font notre force”, ajoute la colonelle.

Depuis huit mois nous avons bleui le paysage le jour. Mais, rassurez-vous, il est aussi bleu la nuit avec le PMO et le Psig qui tournent,  et aussi avec les mobiles de l’escadron qui nous renforcent parfois” rassure le capitaine Christophe Meneau commandant la compagnie de Belley.

Les maires approuvent chaleureusement la nouvelle organisation. “Depuis des années j’avais des problèmes de sortie d’école. En trois jours vos gendarmes ont réglé le problème !” félicite celui de Serrières-de-Briord. “Nous avions peur d’être oubliés. Je n’ai jamais autant vu les gendarmes” remercie celui de Colomieu.

Avant de quitter les représentants de la population, le général Lizurey leur annonce que chaque élu aura désormais un gendarme référent. “Je sais que ça se fait déjà. Mais il faut que ce soit systématique. Le contact doit être prioritaire. Chaque semestre dans chaque compagnie une demi-journée sera programmée avec l’ensemble des élus pour rendre compte de notre activité mais aussi pour expliquer les difficultés du métier”.

Une seule permanence par semaine

Le 6 mars 2017, la brigade territoriale de proximité dépendant de la COB de Belley, jusqu’alors très sollicitée par cette unité, est devenue brigade territoriale de contact ne dépendant que de la compagnie. “Nous avons été déchargés de toutes les tâches, notamment judiciaires, qui nous éloignaient de la population, ces tâches étant désormais réparties entre les brigades de Belley et de Lagnieu. Il a fallu nous réapproprier le territoire en se basant, en particulier sur les événements locaux, marchés, fêtes, conseils municipaux” explique le chef Ménard qui, loin du Mont Saint-Michel de ses origines, est Lhuisard depuis sept ans.

Entre Rhône et montagnes, entre Belley et Lagnieu, la brigade rayonne, la journée, sur un secteur de 200 km² et une population de 7 000 habitants répartis dans quinze communes, dont celle de Lhuis (904 habitants). Les gendarmes disposent de deux véhicules, dont un 4×4 pour accéder, jusqu’à mille mètres d’altitude, au secteur montagneux du Bas-Bugey. La BTC est dotée de deux tablettes et chaque gendarme d’un smartphone. “Nous transportons ainsi notre bureau avec nous puisque nous avons accès à tous les fichiers comme sur les ordinateurs de la brigade” apprécie le C.B.

Lire aussi sur L’Essor : Au coeur des nouvelles brigades de contact  (reportage Vidéo) 

C’est une brigade sans planton ni premier à marcher, on pourrait presque dire sans gendarme puisque qu’ils sont toujours dehors ! “Nous ne faisons qu’une permanence, un seul après-midi par semaine, le mercredi. Le reste du temps, nous sommes sur le terrain : nous allons chez les gens pour enregistrer les plaintes. Avant les élections, nous enregistrions aussi les procurations à domicile” explique le gendarme Benoît Pradal, un Haut-Savoyard.

“Vos propositions sont toutes acceptées, par principe”

Exceptionnellement, il y a un monde fou, ce lundi, dans les locaux de la petite caserne, située à l’écart, à  l’entrée du village. Le général Lizurey est maintenant en famille. Il ne perd pas son temps à visiter les lieux. Ce qui l’intéresse c’est d’échanger avec les militaires. Le voilà entouré d’une vingtaine d’officiers, de sous-officiers et de gendarmes adjoints volontaires (GAV) pour une conversation à bâtons rompus dans un bureau vidé de son mobilier pour faire de la place.

Un non-initié aurait de la peine à imaginer que se trouvent ici, ensemble, un gendarme adjoint qui a une semaine de service (Hugo Bougerol) et un général cinq étoiles qui commande toute la Gendarmerie française. Le capitaine Frédéric Maillot, commandant la COB de  Belley, explique que chez lui les GAV sont de plus en plus impliqués “comme les autres”. Le Directeur ajoute “faites-nous part de vos propositions pour améliorer le service. Tout ce que vous proposez qui relève du bon sens, on l’accepte par principe”.

Au cours de ces échanges Richard Lizurey va faire deux ou trois révélations (voir ci-dessous). Avant de partir il fait un tour dans un bureau. C’est celui de la brigadière Coralie Lochon, 19 ans, des Deux-Sèvres, à Lhuis depuis un an. Partagé avec un camarade, le bureau n’a évidemment pas les proportions de celui du directeur général, mais c’est sympa et bien organisé.

Il est à noter qu’à Lhuis, en attendant le remplacement -prochain- d’un gendarme récemment retraité, les GAV constituent 60% des effectifs de la brigade et que Coralie illustre bien les propos qui viennent d’être tenus puisqu’il lui arrive parfois d’être chef de patrouille, assistée de l’un, ou des deux autres brigadiers, Olivier Ballhouey et Ayhan Dursun, 22 et 23 ans, tous deux de l’Isère voisine.

Extension de compétences et renforcement des unités territoriales

Dans l’idée de se débarrasser des tâches indues et inutiles, des contraintes que le système impose inutilement, de la paperasserie qui asphyxie, le général Lizurey  prône donc le bon sens.

On a vu ci-dessus qu’il n’est pas du tout choqué que deux GAV confirmés soient en patrouille sur la brigade territoriale de contact. Il fait aussi quelques révélations qui vont dans le sens de l’efficacité… et seront, si elles se concrétisent, de véritables révolutions :

Il faut s’affranchir des limites administratives et judiciaires.  Bientôt 140 compagnies auront aussi des compétences sur un département limitrophe. D’autre part, nous travaillons sur une extension de compétence plus large“.

“Nous voulons nous libérer des tâches secondaires qui s’accumulent et se superposent. Il faut redonner du temps aux gendarmes. Du temps qui doit être consacré à la présence sur le terrain et à la police de sécurité du quotidien. Les 2 500 postes supplémentaires dont  nous allons bénéficier ces cinq prochaines années le seront au profit des unités territoriales et d’elles seules”, affirme encore le patron de la Gendarmerie. C’est plein de bon sens et si évident qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé avant ?

André Veyret

La féminisation des grades. L’Essor a interrogé le directeur général sur la féminisation des grades dans la Gendarmerie nationale. La réponse est sans équivoque : elle est effective, officielle, et ne dépend pas de la décision de chaque intéressée. Ainsi faut-il écrire, lieutenante-colonelle, adjudante-cheffe et, que ça plaise ou pas, aspirante. Les capitaines s’en sortent bien.

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3 Commentaires

  1. pasque

    bravo si les gendarmes sont à nouveau visibles et se rapprochent de la population qu’elle a si longtemps ignorée. C’est bien là l’essence même de la gendarmerie depuis des siécles. Merci au nouveau directeur qui semble avoir pris conscience du problème

  2. Drogo

    C’est faux ( et laid) pour ce qui est de la féminisation des noms .. Même le Premier Ministre l’a souligné …

  3. BELLENGER

    Quel gachis mon Général ,constater apres de nombreuses annees que le contact est primordial, c ‘est que j ai
    fait pendant toute ma carrière de gendarme à Major mais déjà en 2000 CERTAINS CDTS D UNITE NE VOULAIENT PLUS ENTENTENDRE PARLER DES SERVIVICES DE SURVEILLANCE GENERALE / QUEL
    REVIREMENT

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