lundi 23 octobre 2017
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BRI, GIGN et Raid: la piste d’un commandement des opérations spéciales

La BRI (Brigade de recherche et d’intervention), le GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale), puis le Raid (Recherche, assistance, intervention, dissuasion). Le ministre de l’Intérieur vient de boucler, ce jeudi 21 septembre, la présentation des trois forces d’intervention de la Préfecture de Police de Paris, de la Gendarmerie et de la Police nationales.

 

Entamée le 1er septembre, la tournée était attendue depuis que Gérard Collomb, par une petite phrase en mai, avait laissé envisager un futur rapprochement de ces unités. Sa feuille de route aux préfets, dévoilée au début du mois, avait confirmé l’existence d’une réflexion autour d’une « rationalisation des modes d’intervention des différentes forces d’intervention ».

« Le GIGN est prêt à coopérer »

Pour le moment, il n’y a pas eu d’annonce fracassante sur ce dossier brûlant du côté du ministre de l’Intérieur. A Satory (Yvelines), au GIGN, Gérard Collomb a précisé sa démarché. « Nous réfléchissons comment nos différents services de sécurité et d’intervention peuvent davantage intervenir ensemble. »

« Nous avons parlé de ce problème de coopération ensemble, et je crois que le GIGN est prêt à coopérer, explique le ministre de l’Intérieur. J’ai souligné que je rencontrais une force qui demandait à travailler encore plus, et qui demandait à être engagée encore plus au service de notre pays. On va essayer de répondre à cette attente. »

Gérard Collomb n’en a pas dit plus sur les modalités d’une telle coopération renforcée. Une des options sur la table est la création d’un commandement des opérations spéciales au ministère de l’Intérieur, à l’image de celui du ministère de la Défense, créé en 1992 après la première guerre du Golfe.

La piste d’un commandement des opérations spéciales

« La question, c’est où nous voulons aller, et comment, analyse un haut responsable de la Gendarmerie. Je ne dis pas que le commandement des opérations spéciales est la solution, c’est une piste. Ce qui est clair, c’est qu’il faut mettre les capacités en complémentarité. Il ne faut pas opposer les unités, mais au contraire utiliser les capacités nécessaires. »

Un commandement des opérations spéciales pourrait, contrairement à une fusion, être vécu comme un moindre mal pour les personnels du GIGN. Cette piste est à l’étude depuis plusieurs mois au ministère de l’Intérieur, confirme un autre haut gradé de la Gendarmerie spécialiste du sujet. « Mais qui en serait le chef et quel serait le périmètre des prérogatives ? C’est toute la difficulté », remarque-t-il. Une telle structure remplacerait alors l’Unité de coordination des forces d’intervention (Ucofi), composée aujourd’hui d’une poignée d’hommes seulement, pour la transformer en unité de commandement.

La « complémentarité » des capacités, n’exclut pas certaines chasses gardées. La règle des compétences territoriales est déjà moins figée qu’il n’y paraît : le GIGN est reconnu leader dans le domaine de lutte contre les pirateries aérienne et maritime, tandis que le Raid s’est préparé pour une intervention dans le tunnel sous la Manche. Au moins deux revues capacitaires ont déjà été menées. La première, lors du rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur, en 2009. La seconde lors de la mise en place du nouveau schéma national d’intervention, en 2016.

En 2024, les Jeux olympiques de Paris

« C’est moins un problème de structure que de culture, c’est un problème de mentalité », remarque ce gendarme spécialiste de l’intervention, qui regrette une Préfecture de Police de Paris « ancrée sur son territoire ». En l’espace de quelques années, les progrès sont pourtant réels, plusieurs exercices communs l’ont démontré. Les unités d’intervention vont devoir faire encore plus dans les années à venir. Car la donne a changé avec l’attribution des JO 2024 à Paris.

L’essentiel, comme toujours, sera de participer… à sa sécurité. Mais comment se fera la répartition des sites à surveiller? En bonne intelligence, comme lors de l’Euro 2016? Ou au détriment du GIGN pour cet événement essentiellement centré sur l’Île-de-France? « 2024 peut être l’estocade pour le GIGN : le Raid et la BRI auront énormément de moyens et de visibilité », avertit ce gendarme spécialiste de l’intervention. Un élément à anticiper dans la Gendarmerie.

Gabriel THIERRY.

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