vendredi 21 juillet 2017
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Promenade des Anglais à Nice. juillet 2016 SD L'Essor
Promenade des Anglais à Nice en juillet 2016. (Photo S.D L'Essor).

Attentat de Nice : les juges rencontrent les parties civiles à Paris

A quelques jours de la date commémorative de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, les juges d’instruction antiterroristes ont présenté lundi à Paris leurs investigations lors d’une nouvelle réunion devant plusieurs dizaines de parties civiles, notamment étrangères, selon leurs avocats.

Le 27 juin, les juges avaient déjà présenté les avancées de l’enquête sur l’attentat commis par le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, devant 300 personnes, victimes, proches et avocats, réunies à Nice.

La réplique de cette rencontre organisée lundi après-midi dans la capitale s’adressait plus particulièrement aux parties civiles résidant hors de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment à l’étranger.

Sur les 583 parties civiles reconnues à ce jour, une centaine de victimes, leurs proches et leurs avocats, ont participé à cette réunion, qui s’est tenue comme à Nice à huis-clos. “Cette réunion était nécessaire“, notamment pour “les victimes étrangères qui se sentent exclues et qui attendaient depuis un an“, ont dit Antoine Casubolo Ferro et Valentine Juttner, avocats pour l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT).

Trois des six juges qui instruisent le dossier sont revenus sur la soirée où Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a tué 86 personnes et en a blessé plus de 450 en roulant avec un camion sur les spectateurs venus assister au feu d’artifice du 14 juillet.

Au total 37 étrangers, de 19 nationalités différentes se trouvaient parmi les victimes, dont Misha Bazelevskyy, étudiant ukrainien au Canada, mort à 22 ans. “Nous sommes venus trouver des réponses et aussi poser des questions“, a dit son frère Andriy. Anneli Kruusberg, une Estonienne qui a perdu son fils Rickard, attendait en particulier “plus de réponses sur la façon dont la ville de Nice a organisé la sécurité de la fête du 14 juillet“, une question récurrente qui fait l’objet d’une enquête distincte à Nice.

Évoquant “le travail colossal” des juges, Eric Morain, avocat pour la FENVAC (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs), a exprimé “un vrai souci” vis à vis de l’indemnisation par le fonds de garantie. Il fait part de son inquiétude au moment où des voix s’élèvent aussi contre la disparition du Secrétariat général de l’aide aux victimes (Sgav).

CRS en surveillance sur la place Masséna à Nice en juillet 2016. (Photo S.D L'Essor).
Le défilé du 14 juillet et l’hommage aux victimes de l’attentat auront lieu sur la place Masséna.(Photo d’illustration/ S.D L’Essor).

Les missions de ce Secrétariat, créé au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, vont être intégrées à une structure placée sous l’autorité du garde des Sceaux. Ce choix est déploré par quatre associations de victimes, dont Promenade des Anges et la FENVAC, qui ont adressé lundi une lettre ouverte au président Emmanuel Macron en l’appelant “à conserver un interlocuteur rattaché auprès (du) Premier Ministre“.

Dans l’enquête du pôle antiterroriste de Paris, neuf suspects sont toujours écroués, soupçonnés de complicité avec le tueur ou d’avoir joué un rôle dans la fourniture des armes. A ce stade, aucun lien entre le tueur et la mouvance radicale ou avec l’organisation jihadiste Etat islamique, qui avait revendiqué l’attentat, n’a pu être établi par les enquêteurs. “La perspective (pour les juges) est de continuer les investigations“, a dit l’avocat Gérard Chemla.

Des moyens techniques et humains pour la journée hommage

Afin de compléter le dispositif de sécurité, la ville de Nice a investi dans cent herses pour bloquer toute intrusion de véhicules. Il s’agit de herses Krotal  dont le fabricant, Gets Sécurité,  assure qu’elles peuvent crever tous les pneus.

En raison de la présence annoncée du président de la République, Emmanuel Macron et de deux de ses prédécesseurs,   Nicolas Sarkozy et François Hollande, d’importants moyens humains de sécurité ont aussi été mobilisés avec la présence de forces de police et de gendarmerie dont la gendarmerie maritime. “Une sécurité au service de l’événement, très importante, unique, mais qui ne sera pas dévoilée” a fait savoir le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc cité par Nice-Matin.

Les présidents participeront à l’hommage solennel qui aura lieu le 14 juillet sur la Promenade des Anglais en présence du maire Christian Estrosi. En raison des cérémonies à la mémoire des victimes de l’attentat du 14 juillet 2016, toutes les festivités sont reportées, à Nice et dans la région, au 15 juillet.

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