mardi 22 août 2017
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Le général André Bach (Crédit photo : « famille Bach »).

Décès du général Bach, spécialiste de la Grande Guerre

Le général André Bach, spécialiste reconnu de la Grande Guerre et premier historien a avoir mené une étude exhaustive sur les soldats fusillés pour refus d’obéissance, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 73 ans.

Son décès a été annoncé par l’Opinion et confirmé à L’Essor par sa famille.

La mission du centenaire dont il était membre du conseil scientifique lui rend hommage sur son site.

Saint-cyrien, officier parachutiste,  diplômé de Sciences-Po et d’histoire, il avait servi au Liban dans au milieu des années 80.

De 1997 à 2000, il avait dirigé le Service historique de l’armée de terre (SHAT) à Vincennes. Là, le général Bach s’était lancé dans un travail de bénédictin en entamant le recensement du nombre des fusillés (550 selon ses travaux d’alors) de la Grande Guerre à partir des archives des conseils de guerre. Ses travaux débouchèrent en 2003 sur la publication de « Fusillés pour l’exemple 1914-1915» (Editions Tallandier). Cet  ouvrage sur ce sujet,  jusque là peu abordé par les historiens et qui a pourtant marqué la mémoire nationale dès l’entre-deux-guerres, avait fait autorité.

Le général Bach a notamment établi que la majorité des fusillés l’ont été pendant les deux premières années de la Grande Guerre. Des chiffres confirmés dix ans plus tard par  un rapport officiel publié en 2013, qui faisait état de 60 % de poilus (sur un total de 650) passés par les armes entre septembre 1914 et octobre 2015. Paradoxalement, les célèbres mutineries du Chemin des dames en 1917, il y a tout juste cent ans, ont donné lieu à une cinquantaine d’exécutions.

Les travaux du général Bach, complétés ensuite par ceux d’autres historiens comme Nicolas Offenstadt, ont été à l’origine du regard nouveau porté par les Français au début des années 2000 sur les fusillés de la Grande Guerre. Ils ont aussi donné un nouvel élan au débat sur la réhabilitation des fusillés.

Il avait également publié en 2013 « Justice militaire 1915-1916» (Editions Vendémiaire). Le général Bach participait régulièrement à des colloques et à des cérémonies, liés aux fusillés de la Grande Guerre.

André Bach, comme le remarque Jean-Dominique Merchet de l’Opinion s’inscrivait très nettement dans l’école dite de la  « contrainte » contre les tenants du « consentement », ces deux écoles s’opposant dans l’explication du comportement des Poilus.

PMG

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